La société Meta Platforms affronte un procès qui pourrait transformer en profondeur Facebook et Instagram. La première audience s’ouvre mardi devant un tribunal fédéral de Californie.
Les procureurs généraux de quatre États américains réclament d’importants dédommagements financiers et des modifications des fonctionnements des plateformes. Une action judiciaire avait été lancée en 2023 par 29 États sur des questions de sécurité et de vie privée des mineurs. Vingt-cinq États supplémentaires doivent encore passer en jugement.
La plainte accuse la société de réseaux sociaux d’avoir aggravé une crise de santé mentale chez les jeunes. Elle avance que Meta a conçu ses fonctionnalités de manière à créer une dépendance chez les enfants. L’entreprise est aussi soupçonnée de collecter régulièrement des données sur les moins de 13 ans sans l’accord parental, ce qui enfreindrait la loi fédérale.
« Nous croyons en la solidité de notre position », a déclaré Meta dans un communiqué. L’entreprise affirme être fière de ses efforts pour protéger les adolescents sur ses plateformes.
Le procès, qui doit durer de six à huit semaines, est supervisé par la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers à Oakland. Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, ainsi que d’autres cadres et anciens employés, doivent témoigner.
Cette affaire fait partie d’une série de poursuites contre Meta et d’autres entreprises comme Google, TikTok et Snap. Elles sont accusées de nuire aux jeunes, de collecter illégalement leurs données et de concevoir délibérément des plateformes addictives.
De l’Australie à l’Europe, les pays tentent de restreindre l’accès des mineurs aux réseaux sociaux
L’Australie a été le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre 2025. Les contrevenants risquent une amende pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens.
Le Royaume-Uni prévoit d’approuver une interdiction similaire avant Noël. La mesure devrait entrer en vigueur au printemps 2027.
La Chine a mis en place un programme « mode mineur » qui limite le temps d’écran en fonction de l’âge, directement sur les appareils et les applications.
Le Danemark a annoncé en novembre l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, avec un accès possible dès 13 ans si les parents l’autorisent.
En France, la plus haute juridiction a bloqué le 14 août un projet de loi qui visait à interdire l’accès aux moins de 15 ans, estimant qu’il portait atteinte à la liberté d’expression.
En Allemagne, les mineurs de 13 à 16 ans ne peuvent utiliser les réseaux sociaux qu’avec le consentement parental, une régulation jugée insuffisante par les défenseurs des enfants.
La Grèce serait « très proche » d’annoncer une interdiction pour les moins de 15 ans.
En Italie, les moins de 14 ans ont besoin du consentement parental pour s’inscrire.
La Malaisie a commencé à interdire l’enregistrement de comptes aux moins de 16 ans.
La Norvève a proposé en 2024 de relever l’âge du consentement à 15 ans.
La Pologne prépare une loi pour interdire l’accès aux moins de 15 ans et responsabiliser les plateformes sur la vérification de l’âge.
La Slovénie rédige une loi pour interdire l’accès aux moins de 15 ans.
L’Espagne avance sur de nouvelles règles pour rendre les réseaux sociaux plus sûrs et a annoncé une interdiction pour les moins de 16 ans.
La Suède a reçu une recommandation pour instaurer un âge minimum de 15 ans.
La Turquie a adopté une loi en avril interdisant l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Les Émirats arabes unis ont fixé l’âge minimum à 15 ans en juin, une première dans le monde arabe.
Aux États-Unis, une loi visant à mieux protéger les enfants en ligne a franchi un obstacle politique majeur en mai. Elle est distincte de la loi COPPA qui encadre la collecte de données des moins de 13 ans.
Au niveau européen, la Commission a annoncé qu’elle cherchait à renforcer les protections pour les enfants contre les fonctionnalités nuisibles des réseaux sociaux dans son futur Digital Fairness Act. Le Parlement européen a adopté en novembre une résolution qui réclame une interdiction d’accès aux plateformes en ligne pour les moins de 16 ans sans autorisation parentale.
