Les pays prêts à suivre la France en interdisant les réseaux sociaux aux enfants

Les pays prêts à suivre la France en interdisant les réseaux sociaux aux enfants

La France interdit les réseaux sociaux aux moins de 15 ans

Les enfants de moins de 15 ans ne pourront plus utiliser les réseaux sociaux en France. Le pays est devenu le premier de l’Union européenne à adopter une interdiction totale de ces plateformes. Les députés français ont approuvé une loi mardi. Celle-ci obligera les applications comme Facebook, Instagram, TikTok et YouTube à vérifier l’âge de tous les utilisateurs à partir de janvier 2027.

La France est le deuxième pays à instaurer cette interdiction après l’Australie. Plus d’une douzaine d’autres États préparent actuellement des restrictions similaires. Ils veulent limiter l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale et le développement des enfants.

Quels pays interdisent les réseaux sociaux aux enfants ?

L’interdiction historique des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans en Australie a créé un précédent mondial l’année dernière. Ce modèle sert de référence pour d’autres pays. Quand les députés français sont parvenus à un accord pour approuver un texte de loi le 21 juillet, le président Emmanuel Macron a qualifié cette décision de « grande avancée ».

Dans une vidéo publiée après l’adoption de la loi, il a déclaré : « La France montre la voie en Europe pour la protection de nos enfants et de nos adolescents. » D’autres pays européens devraient suivre : l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, la Norvège, la Pologne, la Slovénie et l’Espagne. Ces nations ont annoncé leur intention d’imposer une interdiction ou sont en train de légiférer.

En juin, l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans. Il s’inspire du modèle australien. « Les réseaux sociaux rendent nos enfants malheureux et en insécurité », a-t-il déclaré. Il espère adopter la réglementation avant Noël pour une mise en œuvre début 2027.

L’Union européenne travaille aussi sur des restrictions d’âge pour les réseaux sociaux. Cette interdiction générale ne concernerait que les enfants de moins de 13 ans. Les plateformes comme Snapchat interdisent déjà l’inscription aux moins de 13 ans, mais les responsables politiques et les défenseurs de la sécurité des enfants jugent ces contrôles insuffisants. La loi européenne pourrait aussi s’appliquer à d’autres services en ligne, comme les chatbots d’intelligence artificielle ou les jeux vidéo.

Hors d’Europe, l’Indonésie et la Malaisie ont introduit des interdictions pour les moins de 16 ans cette année. Le Canada et la Thaïlande étudient actuellement des propositions de restrictions.

Pourquoi ces mesures et vont-elles fonctionner ?

La dernière décision du gouvernement français s’inscrit dans un mouvement international plus large. Les pays s’éloignent de l’autorégulation des entreprises technologiques. Ils imposent désormais aux applications une responsabilité légale. Celles-ci doivent empêcher les jeunes utilisateurs d’accéder à des fonctions potentiellement dangereuses, comme les fils d’actualité algorithmiques addictifs.

« Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre », a déclaré le président Macron en janvier. « Leurs émotions ne sont ni à vendre ni à manipuler, que ce soit par les plateformes américaines ou les algorithmes chinois. »

Des parents en deuil rencontrent le Premier ministre britannique au 10 Downing Street le 26 mai 2026 pour discuter du rôle des réseaux sociaux dans la mort de leurs enfants.
Des parents en deuil rencontrent le Premier ministre britannique au 10 Downing Street le 26 mai 2026 pour discuter du rôle des réseaux sociaux dans la mort de leurs enfants (NET)

Les défenseurs de la sécurité des enfants et les responsables politiques s’inquiètent des algorithmes de recommandation. Ces derniers exposent les jeunes utilisateurs à des contenus nuisibles liés à l’automutilation, aux troubles alimentaires ou à des contenus violents et sexuels. Des études ont montré qu’une utilisation intensive des réseaux sociaux est liée à des taux plus élevés d’anxiété, de dépression et d’autres problèmes de santé mentale.

Les entreprises qui ne mettent pas en place de vérification de l’âge s’exposent à de lourdes amendes. Ces sanctions peuvent aller de dizaines de millions de dollars à 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial.

Une étude récente commandée par le gouvernement australien suggère que l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans est largement inefficace. Les plateformes en ligne n’ont pas mis en œuvre de contrôles d’âge efficaces. Cela permet aux utilisateurs mineurs d’accéder aux plateformes comme avant l’interdiction.

L'interdiction australienne des réseaux sociaux s'est révélée inefficace selon une étude. La majorité des jeunes utilisent encore les plateformes restreintes.
L’interdiction australienne des réseaux sociaux s’est révélée inefficace selon une étude. La majorité des jeunes utilisent encore les plateformes restreintes (NET)

Colm Gannon, directeur australien du Centre international pour les enfants disparus et exploités, a conseillé l’étude. Il a déclaré : « Nous observons que le contournement est devenu la solution privilégiée par les jeunes. »