Samsung Electronics et son syndicat de travailleurs négocient de toute dernière minute pour éviter un mouvement social historique. Ce conflit pourrait mobiliser plus de 45 000 personnes, ce qui est la plus grande grève que la multinationale a jamais envisagée.
La Corée du Sud et les chaînes d’approvisionnement mondiales risquent de subir un impact majeur. Cette grève, qui devrait durer 18 jours, doit débuter jeudi. Elle se produit alors que le monde manque de puces mémoire. Ces composants sont essentiels pour les centres de données d’intelligence artificielle, les téléphones mobiles et les ordinateurs portables. Cette pénurie a permis à Samsung et à ses rivaux de réaliser des profits considérables.
Les discussions actuelles ont lieu après l’échec d’un premier cycle de négociations, qui était organisé par le gouvernement. Elles concernent les salaires et les primes. Samsung est le premier fabricant mondial de puces mémoire. L’entreprise est un pilier de l’économie sud-coréenne, car elle génère presque un quart des exportations nationales.
La situation du syndicat est compliquée par une décision de justice. Un tribunal sud-coréen a accepté partiellement la demande de Samsung, qui veut une injonction. Cette injonction ordonne que toute grève ne doit pas bloquer la production. Un porte-parole du tribunal a précisé que cette décision interdit toute dégradation des matériaux de production. Elle oblige aussi les opérations de sécurité et de prévention des dommages aux produits à fonctionner normalement.
Si le syndicat ne respecte pas cette injonction, il risque des sanctions financières. Les deux syndicats principaux peuvent être condamnés à une amende quotidienne de 100 millions de wons, soit 72 000 €. Les responsables syndicaux individuels doivent payer 10 millions de wons par jour, selon le porte-parole.
Le syndicat a publié une déclaration. Il affirme que la décision du tribunal ne le dissuaderait pas de mener une grève si les discussions n’aboutissent pas à un accord. Mais il promet de négocier avec sérieux.
Samsung Electronics a refusé de commenter.
Les actions de Samsung Electronics ont augmenté jusqu’à 6,7 % après l’annonce du tribunal. Cette hausse dépasse celle de l’indice KOSPI, qui a progressé de 1,4 %.
Des responsables du gouvernement sud-coréen expriment leurs inquiétudes sur cette grève. Ils avertissent que ce conflit pourrait menacer la croissance économique, les exportations et les marchés financiers.
Le président Lee Jae Myung a publié un message sur les réseaux sociaux lundi. Il est un ancien avocat spécialisé dans les droits et dirige un gouvernement que l’on considère comme favorable aux syndicats. Lee écrit que les droits de la direction doivent être respectés autant que les droits des travailleurs.
« En Corée du Sud, qui a adopté un ordre démocratique libéral et une économie de marché capitaliste, le travail doit être respecté autant que les entreprises, et les droits de gestion des entreprises doivent être respectés autant que les droits des travailleurs », déclare Lee sur X.
Il explique que les travailleurs doivent recevoir une compensation juste pour leur travail, mais que les actionnaires, qui supportent les risques et les pertes via leurs investissements, méritent aussi une part des profits de l’entreprise.
Le Premier ministre sud-coréen Kim Min-seok a annoncé dimanche que le gouvernement utiliserait toutes les options, dont l’arbitrage d’urgence, pour empêcher une grève.
Une ordonnance d’arbitrage d’urgence peut être déclarée par le ministre du Travail si un conflit risque de nuire à l’économie ou à la vie quotidienne. Elle suspend immédiatement toute action industrielle pendant 30 jours. Durant cette période, la Commission nationale des relations de travail organise une médiation et un arbitrage.
Le syndicat affirme qu’il ne cédera pas à la pression sur l’arbitrage. Il ne acceptera pas un accord sur les salaires si l’entreprise propose une offre moins favorable.
Après l’échec des négociations la semaine dernière, des dirigeants de la division des puces de Samsung ont exhorté le syndicat à éviter la grève. Selon des reportages médiatiques, ils ont cité les inquiétudes de clients importants en semi-conducteurs, comme Nvidia, qui sont acquis avec effort.
Ces dirigeants ont indiqué que certains clients ont suggéré qu’ils pourrait refuser temporairement les livraisons pendant une grève. Ils ne peuvent garantir la qualité des produits, selon ces reportages, qui citent un participant à la rencontre.
Samsung a refusé de commenter ce sujet.
Les négociations organisées par le gouvernement entre le syndicat et l’entreprise doivent continuer jusqu’à mardi, selon les médias.
