Polymarket a pris la décision de fermer un marché controversé permettant de parier sur la possibilité d’une détonation d’une arme nucléaire. Cette fermeture fait suite à une escalation militaire au Moyen-Orient et à un afflux de parieurs, soulevant des questions éthiques et pratiques dans un contexte tendu.

Alors que les tensions montent suite aux actions militaires des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, Polymarket a choisi de fermer un des marchés les plus polémiques de sa plateforme, permettant de parier sur la probabilité qu’une arme nucléaire soit utilisée cette année.
La hausse des transactions, couplée au bruit sur les réseaux sociaux après l’intensification des conflits au Moyen-Orient, a poussé l’entreprise à faire marche arrière, en particulier avec l’Iran qui attaque désormais les pays voisins et utilise de nouvelles armes alarmantes pilotées par l’intelligence artificielle.
Une mise sur la catastrophe nucléaire
Ce marché, intitulé « Détonation d’une arme nucléaire par… ? », avait suscité un volume de transactions dépassant les 800 000 dollars. Quelques heures après son ouverture, la page a été supprimée.
Au moment de la suppression, la plateforme affichait une probabilité de 22 % qu’une explosion nucléaire se produise d’ici la fin de l’année, étendant les prévisions jusqu’en 2027. Le profil X de Polymarket avait même relayé cette estimation, mais ce post a également été supprimé.
Les raisons de la suppression de la mise
La décision est survenue suite à un flot de critiques visant une plateforme déjà jugée controversée pour son manque de transparence et sa gestion de renseignements pouvant influencer le marché de manière aléatoire.
Interviewé par Decrypt, l’analyste de marché Dustin Gouker a noté que l’ouverture d’un espace de spéculation sur l’utilisation d’armes nucléaires – particulièrement en ce moment tendu – soulève de sérieuses questions éthiques. Même si ces marchés offraient des indications précises sur les attentes, la nature de la mise transforme une éventualité catastrophique en opportunité de profit. Un concept difficile à accepter même pour les investisseurs en cryptomonnaies.
Les considérations pratiques et l’hypothèse d’un armageddon
Au-delà des aspects éthiques, un souci technique se manifeste. En théorie, des plateformes comme Polymarket rassemblent les attentes des utilisateurs et traduisent les paris en probabilités : plus d’argent sur un résultat, plus la probabilité de celui-ci se réalise. Ce mécanisme s’est vu à l’œuvre même pour des événements moins graves, comme le Festival de Sanremo, où les paris des utilisateurs ont favorisé le duo Fedez-Masini.
Cependant, ce système requiert une large participation et une distribution équilibrée des paris. Un marché avec peu de liquidité, caractérisé par de faibles volumes et un nombre limité d’utilisateurs, peut voir des mises significatives altérer les cotes. Cela expose le système à des risques d’insider trading, où des personnes alertées pourraient manipuler les paris pour maximiser leurs gains.
Une hypothèse intrigante entourant la rupture par Polymarket émerge, à mi-chemin entre l’humour et une inquiétude, suggérant que la plateforme a supprimé le pari parce que si la prédiction s’avérait, personne ne survivrait pour récupérer ses gains.
Mises douteuses avant les attaques
Le doute sur la pertinence de permettre des paris sur des événements géopolitiques est renforcé par des comportements suspects observés avant les récents bombardements contre l’Iran. Une analyse du New York Times révèle qu’avant les frappes, plus de 150 comptes avaient placé des paris à quatre chiffres anticipant une intervention américaine, totalisant environ 855 000 dollars.
De plus, Netcost-security.fr a rapporté qu’une enquête menée par la société d’intelligence blockchain Bubblemaps SA a montré que six comptes fraîchement créés avant les frappes auraient généré environ un million de dollars en pariant sur l’attaque américaine.