Une formule mathématique promet de te faire trouver l’amour : la tristesse derrière la théorie des correspondances

Une formule mathématique promet de te faire trouver l'amour : la tristesse derrière la théorie des correspondances

La Silicon Valley, berceau d’idées novatrices, voit émerger une méthode unique permettant de rencontrer son âme sœur. Henry Weng, doctorant à Stanford, propose le programme Date Drop, qui promet un match de qualité chaque semaine, en se basant sur des critères précis pour favoriser des rencontres véritables.

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L’histoire de la Silicon Valley démontre que les idées brillantes peuvent surgir dans les dortoirs universitaires. La dernière innovation provient de Henry Weng, doctorant à l’université de Stanford, qui travaille sur un programme nommé Date Drop. Ce concept simple remplace le défilement de centaines de profils sur des applications comme Tinder ou Hinge par un seul match par semaine, sélectionné grâce à un questionnaire élaboré. Weng avance qu’un tel système pourrait augmenter le taux de conversion vers des rendez-vous réels jusqu’à dix fois plus que Tinder.

Le projet Date Drop repose sur une base théorique solide. Weng s’appuie sur la matching theory, une discipline qui analyse l’assignation optimale entre différents acteurs, tels que les étudiants et les universités. Ce même principe est utilisé pour l’affectation des médecins aux programmes de spécialisation aux États-Unis, mais appliqué cette fois aux relations amoureuses.

Matching theory et relations durables

Les premiers tests ont été lancés l’automne dernier à Palo Alto, impliquant environ 5 000 étudiants. Weng a ensuite testé la formule au MIT, à l’université de Princeton et à l’université de Pennsylvanie. Son ambition est d’étendre Date Drop à d’autres villes américaines cette année.

L’algorithme de Date Drop repose sur deux piliers. Le premier est une collecte de données approfondie, à travers des questionnaires détaillés, des réponses ouvertes et des conversations vocales, pour mieux appréhender la personnalité des utilisateurs, au-delà d’un simple profil statique. Le second est l’apprentissage à partir des résultats. Le système enregistre quels matchs se transforment en rendez-vous concrets et ajuste ainsi son modèle sur des données réelles.

Contrairement à d’autres applications de rencontres, où l’engagement est primordial, 95 % des utilisateurs de Date Drop cherchent à construire une relation sérieuse. L’objectif ici n’est pas d’augmenter le temps passé sur la plateforme, mais d’améliorer la qualité des rencontres. C’est la promesse de Weng.

L’économie de la solitude

La vision de Weng est ambitieuse : elle va au-delà des rencontres romantiques pour inclure des amités, des connexions professionnelles, des communautés et des événements. L’intérêt est bien réel. Ces dernières années, la solitude est devenue une problématique de santé publique, se transformant en un nouveau segment économique. En 2023, le médecin généraliste des États-Unis, Vivek Murthy, a publié un avis officiel qualifiant l’isolement social d’épidémie. L’Organisation mondiale de la santé a également constitué une Commission mondiale pour étudier ce phénomène et encourager des politiques adaptées. C’est dans ce cadre que se développe l’économie de la solitude, un écosystème de services, plateformes numériques, applications de rencontre et espaces de coworking visant à créer des relations authentiques.

Date Drop s’inscrit dans une tendance plus large : tirer parti de la technologie, des données et des modèles prédictifs pour répondre à un besoin social croissant. Pourtant, en cherchant à comprendre comment fonctionne Date Drop et les formules mathématiques qui l’accompagnent, je me rappelle une citation célèbre de Blaise Pascal : Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Peut-être, pourrais-je ajouter, qu’aucun algorithme ne les saisit non plus.