Meta s’apprête à introduire une fonction de reconnaissance faciale dans ses lunettes connectées, développées en partenariat avec Ray-Ban et Oakley. Avec cette avancée, l’entreprise souhaite enrichir l’assistant d’intelligence artificielle intégré, mais des enjeux de sécurité et de vie privée soulèvent des inquiétudes.

Alors que l’attention mondiale est accaparée par des mouvements de protestation et des crises, Meta projette de lancer une technologie digne d’un roman de science-fiction. Des sources rapportent que le groupe dirigé par Mark Zuckerberg envisage de déployer cette année une fonction de reconnaissance faciale dans ses lunettes intelligentes, co-développées avec Ray-Ban et Oakley. L’objectif public est d’améliorer les fonctionnalités de l’assistant d’intelligence artificielle intégré, mais d’autres motifs pourraient être cachés derrière cette innovation.
La fonction, nommée en interne « Name Tag », permettrait d’identifier les personnes filmées et d’accéder à des informations les concernant. Des documents internes révélés par un quotidien américain montrent que ce projet est discuté depuis plus d’un an, soulignant des risques significatifs en matière de sécurité et de vie privée. Un rappel indique que le climat politique aux États-Unis pourrait offrir une opportunité pour son introduction, puisque les organisations civiques pourraient être distraites par d’autres priorités.
Fonctionnement de la reconnaissance faciale dans les lunettes intelligentes
Le volet technique repose sur une méthode appelée « super sensing », conçue pour garder les capteurs et les caméras actifs plus longtemps que les limites actuelles, qui nécessitent une activation vocale. Grâce à des batteries améliorées et à un logiciel optimisé, les lunettes pourraient surveiller l’environnement de façon continue, créant ainsi une sorte de mémoire numérique quotidienne, non seulement en reconnaissant des visages, mais aussi en proposant des services personnalisés, comme rappeler des rendez-vous quand un collègue apparaît ou signaler les objets oubliés avant de quitter la maison.
Les modalités d’application ne sont pas encore définitives. Parmi les options examinées, il pourrait y avoir une restriction de l’identification aux contacts existants dans les services de l’entreprise, ou son extension à des profils publics, par exemple sur Instagram. Cependant, selon des sources internes, il ne s’agira pas d’un outil universel capable d’identifier n’importe qui, mais d’une fonctionnalité limitée. Un représentant a confirmé que la société envisageait toujours les possibilités avant tout lancement éventuel.
Expérimentations, controverses et antécédents
La reconnaissance faciale associée aux lunettes Meta n’est pas un concept récent. En 2024, deux étudiants de Harvard ont utilisé ces dispositifs dans le métro de Boston, les reliant au service PimEyes pour identifier des inconnus, démontrant ainsi la faisabilité de la technologie. À l’époque, l’entreprise avait insisté sur l’importance du LED blanc intégré à la monture pour indiquer que la caméra était active, un élément qui est de nouveau au cœur des réflexions internes.
Si cette fonctionnalité arrive vraiment sur le marché, cela marquera un tournant, car la reconnaissance faciale ne sera plus limitée aux caméras de sécurité ou aux smartphones, mais intégrée dans des objets du quotidien destinés à observer le monde pour nous. Les implications peuvent être considérables, surtout à une époque où les technologies modernes rendent les reconnaissances biométriques de plus en plus difficiles à éviter, même avec des déguisements ou des stratagèmes.
D’après des sources dans les cercles technologiques américains, les délais ne sont pas fortsuit. Zuckerberg aurait tenté ces derniers mois d’établir une relation plus paisible avec l’administration de Donald Trump, après avoir gagné en justice pour protéger les acquisitions de WhatsApp et Instagram contre des accusations d’antitrust. Dans ce cadre, rapportent des analystes du site technologique Gizmodo, les appareils pouvant collecter des données biométriques à grande échelle risquent de devenir des outils utiles pour les autorités, chaque citoyen pouvant théoriquement porter sur son visage un dispositif de surveillance pour enregistrer et identifier les visages des passants. Une perspective peu rassurante, notamment dans une période où les gouvernements semblent de moins en moins préoccupés par la protection de la vie privée des citoyens.