Meta bloque le site qui identifie les agents de l’immigration : liens supprimés de Facebook et Instagram

Meta bloque le site qui identifie les agents de l'immigration : liens supprimés de Facebook et Instagram

Meta a restreint la diffusion de liens vers ICE List sur ses plateformes, soulevant des questions sur la censure et la privacy. Cette décision s’inscrit dans un climat tendu autour des activités de l’ICE, où un mouvement de résistance virtuelle s’est intensifié face aux récentes brutalités. Le débat sur le monitoring et l’abus de pouvoir est plus que jamais d’actualité.

Immagine

Meta a bloqué sur Facebook, Instagram et Threads la possibilité de partager les liens renvoyant à ICE List, un site collectant noms et photos de présumés agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) afin de surveiller et, idéalement, prévenir des abus possibles.

Cette décision de censure, justifiée officiellement par des violations des règles de confidentialité, intervient alors qu’une forte tension sociale et politique entoure les activités de l’agence fédérale pour l’immigration. Récemment, des opérations musclées de l’ICE au Minnesota ont entraîné des manifestations et de l’indignation, particulièrement suite à la mort de deux citoyens américains, la poétesse Renee Nicole Good et l’infirmier Alex Pretti, décédés dans des circonstances controversées.

Les restrictions de Meta et les règles de confidentialité

Actuellement, ceux qui tentent de partager ICE List sur les plateformes Meta reçoivent des notifications de blocage variées. Sur Facebook, le contenu est jugé contraire aux Standards de la communauté, tandis qu’Instagram et Threads bloquent ou retirent simplement le lien. Nos tests confirment que tant Facebook qu’Instagram interdisent la publication de tout contenu incluant le lien vers la page.

Screen della notifica di Facebook che informa riguardo l’impossibilità di condividere il contenuto con il link a Ice List

Capture d’écran de la notification de Facebook signalant l’impossibilité de partager le contenu avec le lien vers Ice List

Andy Stone, porte-parole de l’entreprise, a clarifié la position de Meta en affirmant que la censure répond à des règles contre la diffusion de données personnelles identifiables. Selon Meta, la problématique ne tient pas seulement à la publication de données, mais aussi à l’incitation à rechercher et partager des informations sur des tierces personnes.

Un climat de manifestations et de violences

Cette restriction survient après des semaines de troubles à Minneapolis, ville qui a été le théâtre des récentes rafles anti-immigrés sous l’administration Trump. Dans ce climat de violence, les résidents et activistes auraient utilisé les réseaux sociaux et applications de messagerie pour surveiller les mouvements des agents fédéraux. ICE List s’inscrit dans cet activisme numérique comme un outil de contrôle du bas vers le haut.

La réponse du fondateur d’Ice List et la censure comme pratique habituelle

Dominick Skinner, fondateur du site, a remis en question la décision de Meta, accusant l’entreprise de biased application of rules. Il souligne que pendant plus de six mois, les liens vers ICE List ont circulé sans problème, tandis que d’autres sites de recherche de personnes, contenant des e-mails et numéros de téléphone, demeurent accessibles. De plus, la page ne constitue pas un portail utilisant des données volées. Une grande partie des informations provient de sources publiques et accessibles à tous, comme les profils LinkedIn des agents, qui ne cachent souvent pas leurs activités.

Pour l’administration Trump, ce type d’initiative est perçu comme du doxing, un crime informatique qui mettrait en danger la sécurité des agents. Ce n’est pas la première fois que les grandes entreprises technologiques restreignent des outils de surveillance de l’ICE. En octobre dernier, Apple et Google avaient déjà retiré de leurs stores l’application ICEBlock, accusée de mettre les agents en danger.

Cette préoccupation excessive pour la vie privée devient paradoxale si l’on considère les outils à la disposition du gouvernement américain pour surveiller la population (voir ici pour plus de détails). Des systèmes de surveillance visant à contrôler les réseaux sociaux et les téléphones de quartiers entiers, aux logiciels de Palantir analysant la population pour identifier d’éventuels cibles à arrêter, l’ICE possède une technologie avancée pour suivre les mouvements des citoyens. En fin de compte, celui qui surveille ne souhaite pas être surveillé.