L’Europe se prépare au pire : Trump menace de couper l’accès à la technologie US

L'Europe se prépare au pire : craint que Trump bloque l'accès à toute technologie américaine

La situation actuelle pousse l’Europe à anticiper des défis majeurs en matière de dépendance technologique face aux États-Unis. Les incertitudes autour de l’accès à des services numériques clés soulèvent des questions vitales sur la souveraineté numérique du continent, provoquant une réévaluation des infrastructures critiques.

L’Europe envisage des scénarios extrêmes face à sa forte dépendance envers le cloud, les logiciels d’entreprise et les puces contrôlées par des entreprises américaines

L'Europe se prépare au pire : craint que Trump bloque l'accès à toute technologie américaine
La possibilité de restrictions des États-Unis rallume à Bruxelles le débat sur la souveraineté numérique, la dépendance aux hyperscalers et le contrôle des infrastructures technologiques critiques

Donald Trump remet l’Europe face à un scénario jugé auparavant extrême : l’éventualité que la Maison Blanche utilise la technologie comme outil de pression géopolitique. À Bruxelles et dans plusieurs capitales européennes, on considère le risque qu’un décret exécutif américain puisse limiter l’accès du continent à des services numériques essentiels, dans un climat de tensions politiques croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne.

Quelle réponse pourrait être redoutée depuis Washington ? Un scénario cauchemardesque pour le continent : des limitations sévères à l’accès à la technologie américaine par le biais d’un décret exécutif, selon The Wall Street Journal. Cela concernerait les services cloud, les logiciels d’entreprise et les puces avancées, une hypothèse qui a conduit l’Europe à accélérer ses efforts pour réduire sa dépendance technologique envers les États-Unis.

Un blocage aux échos de HUAWEI

Serveurs AWS

Les services d’Amazon Web Services, Microsoft Azure, Google et divers modèles d’IA pourraient ne plus être disponibles en Europe

En cas de blocage partiel ou de régime de restrictions, le contexte rappelle celui vécu il y a quatre ans lorsque, durant le premier mandat de Trump, l’accès des services Google à Huawei a été bloqué. Le fabricant chinois, considéré alors comme une menace pour la sécurité nationale, a dû redéfinir sa stratégie afin de réduire sa dépendance à la technologie américaine.

Le résultat a été une réorientation forcée vers des solutions internes, dont HarmonyOS, que Huawei tente maintenant d’étendre aussi au secteur professionnel. Un exemple en est le lancement, à la fin de l’année dernière, de son premier ordinateur portable avec HarmonyOS Enterprise. Ce mouvement ne peut pas être qualifié de succès complet en dehors de la Chine, mais illustre le degré auquel une rupture technologique peut obliger à repenser l’ensemble d’un écosystème.

Cependant, autant la situation actuelle évoque ce qui s’est passé avec Huawei, le contexte européen est différent. Il ne s’agit pas de sanctions visant une entreprise spécifique, mais d’un problème structurel de dépendance affectant gouvernements, administrations publiques et grandes entreprises du continent. Les tensions politiques entre les États-Unis et plusieurs pays européens ont ravivé le débat sur le risque stratégique que cette dépendance représente.

La racine du problème est claire : environ 70 % des services de cloud computing utilisés en Europe sont contrôlés par des entreprises technologiques américaines. Microsoft, Google et Amazon concentrent une grande partie de cette infrastructure, et leurs services font partie du fonctionnement quotidien des administrations et des entreprises. De plus, une grande partie des logiciels d’entreprise utilisés dans le continent provient aussi de ces fournisseurs.

Si un décret exécutif était signé dans ce sens, l’impact pourrait être considérable. En plus de restreindre l’accès à certains services numériques dépendants des États-Unis, il pourrait instaurer un régime de licences pour l’exportation de puces avancées destinées aux centres de données. Cette exportation, comme l’indiquent plusieurs analyses européennes, pourrait être conditionnée à des accords spécifiques de “sécurité technologique” avec Washington.

Pour contrer ce risque, l’Europe envisage d’établir de toute urgence un cadre de souveraineté numérique. L’UE travaille déjà sur une législation supplémentaire concernant le cloud et l’intelligence artificielle destinée à réduire l’exposition à des décisions unilatérales extérieures. L’objectif n’est pas de remplacer une dépendance par une autre, mais de limiter une vulnérabilité qui, bien que beaucoup estiment peu probable qu’elle se matérialise de manière extrême, n’est plus un scénario purement théorique.