Dans un futur proche, des technologies de surveillance avancées s’immiscent dans les vies privées, soulevant des préoccupations croissantes. L’ICE, avec des outils sophistiqués, s’engage dans une chasse aux cibles qui dépasse les simples campagnes d’immigration. Un regard nécessaire sur les implications de cette réalité inédite s’impose.

Des scènes historiques, marquées par la brutalité, évoquent un passé que l’on souhaite éviter de revivre. Pourtant, en 2026, l’ICE les réintroduit, provoquant des violences dans les rues. À cela s’ajoute un système de technologies issues d’une science-fiction dystopique. Surveillance numérique, espionnage et outils d’intelligence artificielle sont déployés pour traquer des individus. Parallèlement, l’agence construit un empire de surveillance, alors que les protections des données civiles diminuent, conduisant à une chasse high-tech qui s’étend au-delà des frontières américaines.
Comme le dit un vieil adage, lorsque l’Amérique éternue, l’Europe prend froid. Le Grand Frère qui émerge aux États-Unis représente un précédent préoccupant, nécessitant une attention particulière. L’analyse de logiciels, d’applications de surveillance et de systèmes biométriques devient essentielle dans cet écosystème émergent.
ELITE : le logiciel de Palantir pour une surveillance ciblée
Le dernier bijou de l’ICE s’appelle ELITE, acronyme d’Enhanced Leads Identification & Targeting for Enforcement. Développé par Palantir, cet outil permet de cartographier les zones où se cachent des cibles potentielles pour arrestations et expulsions. Les documents internes indiquent qu’il s’agit d’un puissant instrument d’analyse de données conçu pour « améliorer l’identification et la priorisation des cibles dites à haut risque » via des méthodes avancées.
Le cœur d’ELITE réside dans la fonction Geospatial Lead Sourcing Tab, qui permet de filtrer les personnes sur la carte selon des critères tels que “Biographies & Identifiants”, “Criminalité”, “Localisation” et “Opérations”. Les agents peuvent sélectionner des individus ou des zones géographiques, offrant ainsi une vue d’ensemble rapide des cibles potentielles. Le logiciel peut également rechercher jusqu’à 50 individus à la fois par nom, date de naissance ou identifiant.
Contrôle des téléphones et des réseaux sociaux : l’ICE sous surveillance numérique
L’ICE a acquis l’accès à un système de surveillance qui permet de suivre les téléphones dans un quartier entier, suivant ainsi les mouvements des appareils – et des personnes – au fil du temps. Cette technologie combine deux produits développés par PenLink Ltd. : Tangles et Webloc. Webloc permet de consulter des archives massives de données sur la localisation des smartphones. Une fois un périmètre sélectionné, il est possible d’obtenir la liste des dispositifs présents à cet endroit à un moment donné.
Une fois qu’un dispositif d’intérêt est identifié, Webloc peut suivre son historique de mouvement. Le logiciel propose également une analyse multi-périmètre pour vérifier quels appareils ont été présents simultanément à plusieurs endroits géographiques spécifiques, offrant des renseignements tels que le type de système d’exploitation.
Tangles, une plateforme dédiée à la sorveillance des réseaux sociaux, permet de relier posts, commentaires, photos et contacts pour créer des profils détaillés des individus ciblés. Cela inclut des informations géolocalisées et leur réseau social. Ces technologies conjuguées permettent une surveillance qui mêle présence physique et digitale, contribuant aussi à la création de dossiers comportementaux.
Contrôles biométriques : l’ICE et la reconnaissance faciale
Récemment, l’ICE a mis en œuvre Mobile Fortify, un outil de surveillance biométrique. Cette application transforme des appareils en scanners biométriques en temps réel, permettant d’identifier une personne via ses empreintes ou son visage simplement en pointant la caméra vers elle. Les données sont instantanément comparées à d’immenses bases de données fédérales, notamment le Traveler Verification Service et l’Automated Biometric Identification System du Département de la Sécurité Intérieure.
Des documents fournis par des médias comme Media404 montrent que l’ICE n’autorise pas les individus à refuser la scan, et que les images collectées – y compris celles de citoyens – peuvent être conservées jusqu’à 15 ans, ce qui soulève d’importantes questions de confidentialité et de droits civils.
Spyware Graphite : contrôle total sur les données personnelles
Incontournable dans l’arsenal de l’ICE, les logiciels espions, notamment Graphite, développé par Paragon. Ce logiciel permet d’accéder aux conversations sur WhatsApp, Signal, Messenger et Gmail, contournant ainsi les sécurités de cryptage. Graphite permet d’accéder à des données sensibles telles que photos, vidéos, contacts et conversations sur les applications de messagerie sécurisées. Il peut également enregistrer des sons, des captures d’écran, et suivre la position GPS de l’utilisateur.
L’espionnage à l’aide de Graphite a déjà suscité des controverses, touchant des journalistes et des activistes, comme le prouve Citizen Lab de l’Université de Toronto. En janvier 2025, Meta a averti Francesco Cancellato, directeur de Netcost-security.fr, que son compte avait été ciblé par Graphite. Cela a été confirmé par Citizen Lab, qui a également signalé que Ciro Pellegrino de Netcost-security.fr à Naples avait subi le même sort.
La métamorphose du Grand Frère
Récemment, l’ICE a intensifié ses investissements dans des technologies de traçage et de surveillance. En octobre, l’agence a attribué deux contrats de skip-tracing pour un montant total de 8 millions de dollars, et en décembre, a signé des contrats avec 10 entreprises pour des services qui pourraient générer plus de 1 milliard de dollars d’ici 2027.
En matière de reconnaissance biométrique et digitale, en septembre, l’ICE a dépensé 3,8 millions de dollars pour des outils de reconnaissance faciale de Clearview AI, basés sur 30 milliards d’images en ligne, et a prévu d’étendre le suivi des réseaux sociaux, examinant des milliards de posts pour appuyer les opérations de contrôle de l’immigration, selon WIRED.
L’ICE construit rapidement un empire de surveillance. Les défenseurs de la vie privée et les experts juridiques avertissent que ces systèmes algorithmiques risquent d’accroître les discriminations et les arrestations arbitraires, créant un état de ces contrôles permanents. Alors que l’Amérique traverse cette transformation en une nouvelle forme de Grand Frère, il devient urgent de se demander : jusqu’où sommes-nous prêts à accepter cette surveillance, avant qu’elle ne devienne la norme ?
