Les startups de robots humanoïdes recueillent d’importants financements, et l’argumentaire de vente est familier. Des machines en forme humaine vont bientôt entrer dans les entrepôts et les usines, puis éventuellement dans nos foyers. Cependant, le Wall Street Journal rapporte une vision plus mesurée de l’industrie : même les entreprises qui développent ces robots estiment que les attentes ont pris de l’avance sur ce qui fonctionne réellement.
Les dirigeants et ingénieurs affirment que les humanoïdes d’aujourd’hui sont encore trop peu fiables pour les tâches complexes et désordonnées que les personnes imaginent à la maison, même s’ils peuvent accomplir des tâches plus simples dans des environnements contrôlés. L’objectif n’est pas juste d’avoir un humanoïde, mais un humanoïde capable d’effectuer un travail utile. La société Agility Robotics possède des centaines de robots Digit, avec des clients tels qu’Amazon et le fabricant de pièces automobiles Schaeffler, où ils déplacent des articles dans un entrepôt.
Le travail utile reste limité
Cette limitation a été mise en avant lors du Humanoids Summit à Mountain View, où les fondateurs ont tenté d’atténuer le message. Les humanoïdes ne sont pas encore des produits bien définis et constituent une grande idée qui est arrivée avant que le marché et la technologie ne soient prêts.
Cependant, certaines entreprises commencent à trouver une traction précoce. Les robots de pliage de linge de Weave sont utilisés dans quelques laveries de San Francisco, tandis que Persona AI développe un robot de soudage pour un client dans le secteur naval.
Les coûts de sécurité surpassent ceux du matériel
Le coût d’installation est la principale raison pour laquelle les entreprises évitent de déployer des robots. Le rapport estime que pour chaque 100€ dépensés aujourd’hui pour le déploiement, environ 20€ concernent le robot, le reste étant destiné à l’équipement et aux systèmes conçus pour assurer la sécurité des humains.
Les humanoïdes pourraient réduire certains coûts de protection car ils sont plus petits et plus lents que les bras industriels lourds. Le rapport mentionne l’Optimus de Tesla d’environ 1,73 mètre et 57 kg, et le G1 d’Unitree d’environ 1,22 mètre et 35 kg. Le chemin vers un appareil domestique capable reste encore énorme.
Le robot domestique est pour plus tard
Les prévisions publiques demeurent insistantes, Elon Musk prédisant une demande insatiable et visant un million de robots Optimus par an d’ici 2030.
Les conseillers soulignent également les goulets d’étranglement tels que les données de formation, avec des équipes utilisant des casques de réalité virtuelle pour enseigner aux robots et des modèles 3D pour accélérer le processus. Pour l’instant, le meilleur signe est peut-être ennuyeux par intention, avec des déploiements qui fonctionnent chaque jour avec de véritables clients, ainsi que des limites de tâches claires et des coûts d’installation transparents.
