Que la première partie de la présentation d’iOS 15 fasse encore des clins d’œil à une situation de distanciation sociale était presque tenu pour acquis : le prochain système d’exploitation d’Apple arrivera encore dans une phase pandémique qui, bien que finalement contrecarrée par l’arrivée des vaccins, continuera de forcer mesures de distanciation et de sécurité pendant plusieurs mois. Ainsi, tout le premier segment de présentation s’est concentré sur FaceTime et les nombreuses innovations qui placent le service d’appel vidéo en concurrence directe avec la concurrence, entre la possibilité de regarder des vidéos entre amis et l’ouverture à des services opérationnels tiers. D’un autre côté, cependant, iOS 15 commence à regarder le monde post-pandémique : celui du moment où l’on peut sortir, retourner au bureau et explorer le monde.
Il y a beaucoup de petits détails qui, peut-être par pure coïncidence, font d’iOS 15 une sorte de pont : un système d’exploitation qui commence à insérer de nouveaux éléments expérientiels capables de faire un clin d’œil à la vie en dehors du verrouillage. Même avec de petits détails comme le Texte en direct, c’est-à-dire la possibilité d’encadrer un texte et d’en obtenir immédiatement la transcription et qui était présentée comme une méthode pour enregistrer immédiatement des informations écrites sur un tableau noir. Comme celui d’un bureau. Il peut évidemment être utilisé pour bien d’autres choses : des textes sur des panneaux d’affichage, des menus ou encore ceux présents sur des photos déjà prises, qui avec la nouvelle fonction peuvent simplement être sélectionnés et copiés.

Toujours sur le lieu de travail, l’introduction de la possibilité d’intégrer des badges de bureau dans Wallet indique une démarche qui pense en tout cas à un retour au travail et donc à un abandon (même partiel) de son domicile au profit d’un retour à la normale. Un concept qui s’étend ensuite comme une traînée de poudre dans de nombreuses innovations introduites dans la keynote de lundi, notamment l’effort d’intégrer sa pièce d’identité dans l’iPhone, afin de numériser complètement cet élément qui nous accompagne habituellement sous forme physique. Dans ce cas également, la présentation était claire : il sera également utilisable à l’intérieur des aéroports. Alors, encore une fois, pensez à un monde où vous retournez voyager.
C’est une clé de lecture qui repose peut-être simplement sur le hasard : Apple conçoit certainement ces fonctions comme quelque chose qui peut durer longtemps et donc pas nécessairement lié à la situation pandémique actuelle. D’autre part, le thème de lien entre les gens ce n’est pas quelque chose d’unique au monde aujourd’hui, mais c’est certainement quelque chose qui a en quelque sorte changé l’approche des grandes entreprises dans la conception de leurs produits et services. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner si l’on commence à voir des signes de sortie du cauchemar de la pandémie également dans ces éléments : c’est un effet physiologique du monde technologique qui s’adapte au « vrai ».

L’un des éléments d’iOS 15 qui parvient peut-être à parfaitement intégrer ce dualisme entre distance et exploration est la nouvelle interface cartographique. Les nouveaux graphismes sont à la fois captivants et ludiques ; il semble être devant un globe, non seulement pour les couleurs mais aussi et surtout pour l’effet bas-relief qui distingue les nouvelles cartes. Et donc aussi dans ce cas les deux âmes émergent : d’une part la volonté deexploration de la carte et la planification d’un voyage (comme si vous étiez devant une vraie carte) et d’autre part celle de la navigation proprement dite des routes et des chemins, conçue pour un moment de réouverture comme celui que nous vivons. Ce sont tous de petits, de grands pas vers la réouverture, des éléments de normalité dont nous avons tous besoin aujourd’hui.
