Des chercheurs de l’Université Technologique de Nanyang à Singapour ont réussi à manipuler les vagues de l’eau, permettant un contrôle précis des objets flottants. Cette technique, si perfectionnée, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles applications passionnantes dans divers domaines.
L’idée est née d’un travail antérieur sur la lumière mené par Shen Yijie. Co-responsable du nouveau projet, Yijie a réalisé que la lumière et l’eau peuvent se déplacer sous forme de vagues et s’est interrogé sur l’éventualité d’appliquer leurs découvertes sur la lumière à l’eau.
Les recherches préliminaires ont impliqué des simulations informatiques pour évaluer la faisabilité de l’idée. Confiants dans leur réussite, ils ont ensuite réalisé des expériences en laboratoire avec de petits récipients d’eau et divers objets tels que des balles en mousse et des balles de ping-pong.
En manipulant la fréquence et l’amplitude des vagues et en ajustant leur mouvement, l’équipe a réussi à maintenir les balles en position stationnaire ou à les déplacer selon des trajectoires circulaires ou spirales à volonté.

Les applications potentielles sont nombreuses. À une échelle supérieure, la technique pourrait guider de grands objets comme des bateaux dans des ports étroits. Un autre cas d’utilisation innovant consisterait à utiliser des vagues pour contenir des déversements chimiques nuisibles, facilitant ainsi leur nettoyage. À une échelle micrométrique, la méthode pourrait permettre de repositionner des cellules ou d’autres particules de taille similaire sans contact physique.
De nombreuses recherches doivent encore être menées avant que cette technologie ne devienne commercialisable. À court terme, l’équipe vise à déterminer si des motifs de vagues similaires peuvent être créés et contrôlés sous l’eau pour déplacer des objets immergés. Ils doivent également étudier l’impact des vagues naturelles sur leurs zones artificiellement créées. Plus tard, il pourrait même être possible d’utiliser des motifs d’eau pour stocker des données.
Les résultats de l’équipe ont été publiés dans le journal Nature sous le titre, Structures de vagues d’eau topologiques manipulant des particules.
