Mauvais temps pour la lyrike : musiciens et créateurs font face à une nouvelle morsure de leurs revenus. La responsable est l’Intelligence Artificielle

Des temps difficiles pour la musique : musiciens et créateurs font face à une nouvelle diminution de leurs revenus. L'intelligence artificielle en est responsable.

Un rapport récemment publié met en lumière une prévision inquiétante pour le secteur culturel, où la montée en puissance de l’intelligence artificielle pourrait générer des profits colossaux tout en grevant les revenus des créateurs. Face à ces changements inévitables, le besoin d’une régulation adéquate se fait de plus en plus pressant.

Un rapport prédit des millions de revenus pour les entreprises d’IA tandis que les créateurs perdront plus de 4 milliards de dollars dans chaque secteur

Des temps difficiles pour la musique : musiciens et créateurs font face à une nouvelle diminution de leurs revenus. L'intelligence artificielle en est responsable.
L’IA menace sérieusement les revenus du secteur culturel

La révolution de l’intelligence artificielle menace de transformer radicalement l’industrie culturelle telle que nous la connaissons. Un nouveau rapport de Cisac, l’organisation mondiale regroupant les principales entités de gestion des droits d’auteur, dresse un avenir préoccupant pour les créateurs. Cette étude, la première à évaluer l’impact économique de l’IA générative sur les arts, prévoit des pertes significatives si l’avancée de cette technologie n’est pas régulée.

Élaboré par le cabinet de conseil PMP Strategy après avoir interrogé plus de 50 experts du secteur (et cité par le quotidien El País), le document anticipe que la musique et le contenu audiovisuel générés par l’IA atteindront respectivement des revenus de 16 000 et 48 000 millions de dollars d’ici 2028. Cette explosion technologique menace directement les revenus des artistes, qui pourraient voir leurs gains réduits de plus de 4 milliards dans chaque domaine.

L’irrésistible avancée de l’IA dans la création artistique

La rapidité d’évolution de ces technologies est impressionnante. Des outils comme Suno AI permettent déjà de créer de la musique sur n’importe quel sujet en quelques secondes, tandis que le secteur fait face à une transformation sans précédent. Les scénarios les plus probables incluent la substitution de la musique de fond dans les espaces publics, des bandes-son et des contenus pour les réseaux sociaux par des créations artificielles. Le contexte est préoccupant pour l’avenir d’une industrie qui, depuis des années, lutte pour retrouver son essor.

Cette révolution technologique impacte non seulement la culture. Le Fonds Monétaire International alerte sur le fait que l’IA modifiera 60 % des emplois actuels, et le secteur créatif n’est pas en reste. La filière culturelle traverse un moment critique nécessitant une régulation adéquate pour protéger les droits d’auteur.

Les spécialistes en IA demeurent fermes quant à sa capacité à remplacer les emplois humains, et le rapport de Cisac le confirme avec des données précises. Les doublagers et traducteurs seront les premiers touchés, suivis d’une automatisation progressive dans la production de contenus audiovisuels à faible budget et en animation.

L’Union Européenne a pris les devants avec sa réglementation précurseur sur l’IA, incluant des protections spécifiques pour la propriété intellectuelle. Le gouvernement espagnol prend également des mesures préventives, avec le ministère de la Culture s’engageant à ne pas récompenser les œuvres entièrement créées par l’IA. Néanmoins, l’investissement privé dans l’IA générative a atteint des niveaux record en 2023, indiquant que cette transformation est inévitable.

La SGAE met en garde sur la gravité de la situation si le travail des auteurs n’est pas suffisamment protégé. Le défi actuel ne consiste pas à stopper l’IA, mais à trouver un équilibre permettant de tirer parti de ses avantages tout en préservant les droits et la survie des créateurs humains.