La mascotte du Vatican, Luce, conçue dans un style manga, a captivé l’attention en entrant dans la culture pop, mais elle a également été détournée par des créations pornographiques générées par l’intelligence artificielle. Cette situation soulève des questions inquiétantes sur l’utilisation des technologies et leurs conséquences sur des personnages perçus comme innocents.
Luce, la nouvelle mascotte du Vatican, est facilement identifiable. Cheveux bleus, imperméable jaune et bottes vertes boueuses, c’est une pèlerine de style manga, conçue par Simone Legno, fondateur de la marque Tokidoki, et lancée pour le Jubilé ainsi que pour l’Expo 2025 à Osaka, au Japon. L’archevêque Rino Fisichella, responsable de l’organisation vaticane pour le Jubilé, a présenté Luce en expliquant que la mascotte est « née du désir de s’immerger dans le monde de la culture pop, tant aimé par nos jeunes ». Le projet a cependant échappé à tout contrôle.
Luce s’est intégrée dans l’univers de la culture pop : des jeux vidéo inspirés par la pélerine ont été lancés, elle est devenue la protagoniste d’une série de fanart, des illustrations non officielles qui entourent le sujet original, et des cosplay ont émergé avec des perruques bleues et des imperméables jaunes. Cependant, des images pornographiques générées par l’intelligence artificielle mettant en scène Luce dans des poses sexuellement explicites sont également apparues.
Les images pornographiques de Luce créées avec l’IA
Sur Civitai, une plateforme de création et de publication d’images générées par intelligence artificielle, des utilisateurs ont élaboré plusieurs modèles AI à thème Luce. Beaucoup d’entre eux ont une connotation sexuelle, montrant Luce nue, tenant des sex toys ou portant des sous-vêtements sexy inspirés de sa tenue originale. « Seigneur, pardonne-moi pour ce que je m’apprête à faire », a répondu un utilisateur avant de publier une image sexuellement explicite de Luce.
Il y a également une photo de la pèlerine pleurant, assise sur les genoux d’un prêtre qui fait un clin d’œil à la caméra. Le Vatican n’a pas précisé quel âge a Luce, mais elle semble être une enfant ou une adolescente, rendant ainsi les images générées par IA encore plus inquiétantes.
Ce n’est pas un hasard si ces contenus ont été publiés sur Civitai, car la plateforme présente souvent des versions érotiques de mangas japonais, ce qui permet au logiciel de générer ce type d’images avec aisance. Non seulement sur Civitai, mais les images pornographiques de Luce ont également été diffusées sur les réseaux sociaux, notamment Reddit, et divers sites apparaissent sur Google montrant des photos sexuellement explicites de la mascotte du Vatican.
Une épidémie de pornographie deepfake
L’affaire de Luce n’est pas un cas isolé. L’intelligence artificielle et les générateurs d’images ont déjà été largement employés pour créer des images et des vidéos pornographiques truquées, même de personnalités célèbres, principalement des femmes. Parmi elles se trouvent Taylor Swift, Rose Villain, Emma Watson, Michelle Obama, Scarlett Johansson. La liste est longue.
Le deepfake est ancré depuis des années dans les recoins d’Internet, l’intelligence artificielle a rendu tout cela plus simple. Les logiciels sont capables de produire rapidement et sans compétences particulières, des images fausses qui paraissent réelles. Il suffit d’une photo d’un visage pour réaliser en seulement une demi-heure une vidéo porno d’une minute. L’IA est souvent utilisée pour punir ou faire chanter d’anciennes petites amies ou camarades de classe, les bots pour les deepnude étant devenus des outils utilisés dans les écoles par des mineurs.
La technologie est également devenue le passeport pour des fantasmes extrêmes ; les utilisateurs ne se contentent pas d’un communiqué sexuel, mais pratiquent des actes de bondage, d’urination ou de violence virtuelle sur les filles impliquées dans ces perversions. Ainsi, sur les sites pornographiques deepfake, on trouve en tête de liste les catégories « dégradation », « pleurs » et « viol ».