Microsoft teste un centre de données en bois pour réduire son empreinte carbone. Dans un contexte de demande accrue, l’utilisation du bois lamellé-croisé (CLT) pourrait réduire significativement les émissions de carbone et offrir une alternative écologique aux matériaux traditionnels, tout en maintenant l’efficacité et la durabilité de ses installations.
Dans le cadre d’une initiative visant à rendre ses centres de données plus écologiques, Microsoft expérimente un nouveau modèle construit à partir de bois lamellé-croisé (CLT) en Virginie du Nord, plutôt que d’utiliser uniquement l’acier et le béton. Ce projet s’inscrit dans la volonté de l’entreprise de devenir carbone négatif d’ici 2030 et de compenser toutes ses émissions depuis sa création en 1975 d’ici 2050.
La demande exponentielle de centres de données, alimentée par la course à l’intelligence artificielle, nuit aux ambitions de réduction de carbone de Microsoft. En mai, la société a indiqué avoir réalisé une réduction de 6,3 % de ses émissions directes au cours des trois dernières années, tandis que les émissions indirectes avaient augmenté de 30,9 %, principalement à cause de l’essor des centres de données. Ces émissions indirectes sont plus difficiles à contrôler, car elles incluent le carbone émis lors de l’extraction, du traitement, de la fabrication et même du transport des matériaux.
Le béton et l’acier, ainsi que l’aluminium, représentent environ 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’industrie.
Pour répondre à ce défi et accélérer la décarbonisation, Microsoft teste donc des centres de données en CLT, un matériau en bois préfabriqué résistant au feu.

La construction hybride intégrera cependant encore de l’acier et du béton. Le CLT sera utilisé pour les sols et les plafonds, suivi d’une fine couche de béton pour garantir la durabilité et l’étanchéité. Cela permet de prolonger la durée de vie du bois et de le protéger. Bien que le CLT soit plus coûteux que l’acier et le béton, sa légèreté nécessite moins d’acier, réduisant ainsi les émissions de carbone.
L’utilisation du CLT est estimée réduire l’empreinte carbone des deux nouveaux centres de données de 35 % par rapport à une construction en acier conventionnelle, et de 65 % par rapport à du béton préfabriqué typique.
Microsoft note que pour de grands projets, le CLT peut s’avérer économiquement avantageux en raison de la réduction du temps de construction, du besoin moindre en main-d’œuvre qualifiée et des économies d’échelle.
En plus de la phase de construction, les géants technologiques explorent également d’autres méthodes pour alimenter leurs nouveaux centres de données. Microsoft a signé un accord pour rouvrir la centrale nucléaire de Three Mile Island, tandis que d’autres entreprises se tournent vers des réacteurs nucléaires modulaires.
Ce n’est pas la première fois que l’on voit du bois utilisé pour des constructions de grande envergure. Une nouvelle technologie appelée construction en « bois massif » est utilisée pour créer des bâtiments de huit étages ou plus. Le plus haut d’entre eux est la tour Ascent de 25 étages à Milwaukee.
