Au cœur des expéditions du XIXe siècle, une histoire tragique révèle les luttes pour la survie dans les régions arctiques. Entre désespoir et fraternité, des marins se sont retrouvés confrontés à des choix impossibles, transformant un voyage d’exploration en une lutte pour la vie. Un récit captivant qui questionne les limites de l’humanité.
La marine et les officiers n’étaient pas précisément amis sur les navires du XIXe siècle

Au XIXe siècle, de nombreuses expéditions scientifiques ont été lancées pour explorer de nouvelles routes autour de notre planète. L’aviation n’existait pas encore et le bateau représentait le moyen de transport le plus accessible. Ce siècle a vu l’apparition de grands brise-glaces prêts à s’aventurer dans les parties les plus glaciales du monde, en quête de routes sûres pour le commerce et la recherche. En 1846, l’explorateur John Franklin partit avec deux navires, le Terror et l’Erebus, dans le but de traverser l’Arctique gelé. À l’époque, les navires manquaient de la technologie moderne que nous connaissons, et leurs méthodes de propulsion étaient très différentes.
Si cette intrigue vous semble familière, c’est parce qu’elle a inspiré la série ‘The Terror’, disponible sur Prime Video, qui, bien qu’elle aborde l’horreur surnaturelle, repose sur des faits historiques fascinants. C’est une suggestion de visionnage idéale avec Halloween qui approche à grands pas.
Une expédition terriblement échouée
L’expédition de John Franklin est, comme mentionné, profondément intrigante. Il s’agit de l’un des nombreux voyages ayant abouti à la mort de tout l’équipage. Cependant, pendant leur séjour, les marins ont développé des techniques de survie en espérant que quelqu’un viendrait les retrouver. Ce passage, reliant le Groenland au Canada, reste complètement gelé pendant une grande partie de l’année, offrant des conditions extrêmement hostiles pour les survivants et reflétant la plus profonde désespoir humain.
Les informations sur cette expédition proviennent en grande partie des lettres de James Fitzjames, capitaine du HMS Erebus, le navire accompagnant le HMS Terror et qui agissait en tant que second de Franklin. Les navires sont restés bloqués à partir de 1846, et le récit détaille la mort de John Franklin jusqu’au moment où les 105 marins survivants ont dû abandonner les embarcations en 1848, tentant de survivre sur la glaciale île du Roi-Guillaume. Fitzjames a fourni des rapports détaillés sur la situation jusqu’à ce qu’il succombe au froid, à la famine et aux maladies.

Des restes de la mâchoire, que l’on croit appartenir à Fitzjames, ont cependant été retrouvés, permettant de reconstituer une histoire encore plus sombre. L’analyse des blessures sur la mâchoire récupérée apporte des éléments sur la dégradation des membres de l’équipage. Les marques trouvées sur la mâchoire de Fitzjames, ainsi que d’autres indices de cannibalisme, témoignent de la détresse dans les derniers instants de l’expédition. Bien que cette pratique fût un tabou culturel à l’époque victorienne, la gravité des conditions vécues par les marins explique, d’un point de vue anthropologique, le recours à de telles mesures. Ainsi le décrivait le média anglophone Science Alert.
Les restes d’autres marins, accompagnés de signes de cannibalisme, montrent que les conditions de l’expédition sont devenues intenables dans ses derniers jours. Les marques sur les os, visibles sur divers restes retrouvés, confirment la théorie selon laquelle certains membres de l’expédition ont eu recours à cette action dans leur tentative désespérée de survivre. Ce phénomène, connu sous le nom de « cannibalisme de survie », a été corroboré par les preuves archéologiques découvertes sur place.
Les récits des Inuits confirment également de telles dynamiques entre les survivants. De plus, il a été démontré que Fitzjames est la première victime documentée de cannibalisme dans l’histoire. Ainsi, on a pu reconstituer et mieux comprendre les conditions extrêmes endurées par les 105 marins, tous décédés durant l’expédition, ainsi que la brutalité extrême des circonstances qui les ont poussés au cannibalisme avant leur fin tragique.
