Un exploit inattendu a eu lieu : Doom, le jeu emblématique, a été porté sur des ordinateurs quantiques presque 30 ans après sa sortie. Bien que cela semble prometteur, cette avancée technologique nécessite encore des machines hautement sophistiquées, rendant la vulgarisation de cette expérience encore lointaine.
Que s’est-il passé ? Pour les joueurs d’un certain âge, peu de titres évoquent autant de nostalgie que le Doom original. Désormais, près de 30 ans après sa sortie, le célèbre FPS a atteint un autre jalon impressionnant : il a été adapté pour fonctionner sur des ordinateurs quantiques.
Le cerveau derrière cette initiative est Luke Mortimer, un doctorant à l’Institut ICFO de Barcelone, expert en information quantique. Dans les notes de version sur GitHub, il plaisante en disant que Quandoom pourrait être « la première utilisation pratique trouvée pour les ordinateurs quantiques ».
Avant de vous enflammer à l’idée de réduire en miettes des démons sur un ordinateur quantique de pointe, un sérieux bémol s’impose. Malheureusement, nous vivons dans une réalité où ces machines pourraient encore mettre des décennies à se généraliser. Même les géants de la tech investissant des milliards dans l’informatique quantique ne seraient pas capables de faire fonctionner ce port sur leurs installations expérimentales actuellement sécurisées.
Cela s’explique par le fait que Lorsqueom nécessite un impressionnant total de 72 376 qubits et 80 millions de portes logiques pour fonctionner, selon les notes de Lumorti. Pour mieux comprendre, l’ordinateur quantique « Osprey » d’IBM ne comptabilise que 433 qubits, avec beaucoup d’erreurs.
DOOM sur un ordinateur quantique … https://t.co/26I8fHu2r9 pic.twitter.com/MKLuwimgPN
– Prof B Buchanan OBE FRSE (@billatnapier) 30 septembre 2024
Heureusement, le jeu a trouvé une solution pour fonctionner sur la technologie plus humble d’aujourd’hui. En utilisant un simulateur QASM léger, le code peut atteindre des performances jouables de 10 à 20 images par seconde. Vous devrez télécharger les fichiers depuis GitHub et les glisser dans « simulator.exe ». Le développeur souligne qu’en raison de la taille importante du fichier circuit, le jeu « utilisera environ 5 à 6 Go de RAM et mettra un certain temps à se charger ».
Il y a aussi d’autres limites. Les graphismes apparaissent en mode « rayon X » en raison de ce que Lumorti appelle des « friponneries de réversibilité ». Pas de couleur, pas de musique, ni de salles secrètes.
Cependant, cet effort prouve que si jamais nous atteignons la suprématie quantique, Doom sera probablement le premier jeu que ces personnes en blouses blanches essaieront.
Lumorti semble avoir investi beaucoup d’efforts dans ce projet, avec plus de 8 000 lignes de C++, un moteur 3D personnalisé, et bien plus encore. Le jeu lui-même est une recréation du premier niveau de Doom depuis zéro. Et bien que le code source ne soit pas encore disponible, le développeur a fourni des étapes pour que les bidouilleurs puissent compiler le code eux-mêmes.
