Récemment, des explosions de cercapersone au Liban ont soulevé des inquiétudes quant à la sécurité des dispositifs électroniques alimentés par des batteries au lithium. Bien que ces incidents soient alarmants, une analyse approfondie révèle des différences cruciales entre ces appareils et nos smartphones. Ce contexte permet d’éclairer la compréhension des risques associés à ces technologies.
Selon ce que nous savons jusqu’à présent, les pagers qui ont explosé au Liban étaient alimentés par des batteries au lithium. Bien que ce soient les mêmes batteries que celles utilisées dans nos smartphones, il est peu probable que l’on puisse reproduire une attaque similaire avec les smartphones que nous utilisons tous les jours. Voici pourquoi.

Les images qui circulent sur les réseaux sociaux suivent toutes le même schéma. Une sonnerie commence à retentir, toujours la même. La sonnerie continue pendant quelques secondes avant que une explosion ne se produise, ravageant tout sur son passage. À 15h45 au Liban, des centaines de pagers ont explosé en même temps. Les explosions ont causé plus de 4 000 blessés et 18 morts. Environ 500 personnes risquent de perdre la vue.
Les mécanismes de cette attaque à grande échelle ne sont pas clairs. Dans une interview accordée à Netcost-security.fr, l’expert en cybersécurité Stefano Zanero a exclu une attaque hacker. Bien que les pagers ne soient pas une technologie récente, il est peu probable qu’ils explosent, comme on le voit dans les vidéos qui circulent sur le web, simplement à cause d’une attaque informatique. Les scénarios les plus plausibles impliquent une microcharge explosive : qui a mis cela en place et quand cela s’est produit reste encore flou.
Les explosions des batteries de smartphones : le cas de Samsung
Le doute est légitime. Ce qui s’est passé avec les pagers au Liban pourrait-il également arriver aux smartphones que nous avons dans nos poches ? Selon les informations disponibles, la batterie des pagers explosés devrait effectivement être une batterie au lithium, exactement comme celle de nos smartphones. Pour répondre à cette question, il faut se référer à quelques cas d’actualité passés. En 2016, Samsung a présenté le Galaxy Note 7, un des smartphones les plus puissants lancés cette année-là.
Ce dispositif est devenu célèbre précisément à cause des explosions. Un défaut de fabrication, présent surtout dans les premiers modèles commercialisés, entraînait une surchauffe des batteries. Cela provoquait un effet en chaîne, faisant d’abord gonfler les batteries avant qu’elles ne prennent feu. Le problème était si évident que certaines compagnies aériennes ont interdit aux passagers de transporter l’appareil. Samsung a finalement retiré le modèle.
Que se passe-t-il lorsque une batterie au lithium explose
Les batteries au lithium présentes dans nos appareils électroniques ne sont pas toutes identiques. En fonction de la technologie avec laquelle elles sont fabriquées, elles réagissent différemment aux sollicitations externes. Dans une vidéo de janvier 2019, le youtubeur Jakidale s’est filmé en train de percer un smartphone. En quelques instants, on voit la batterie émettre un nuage de fumée, gonfler et prendre feu. Un expérience que nous vous déconseillons d’essayer chez vous.
Cependant, les images montrent exactement ce qui se produit avec une batterie au lithium lorsqu’elle subit une forte pression externe. Plus précisément, le modèle qui est percé est un smartphone robuste de Blackview, conçu pour résister aux chocs, à la poussière, à l’eau et aux températures extrêmes. Un perceur pénétrant dans la batterie est, bien sûr, un cas extrême. Une attaque hacker pourrait tout au plus provoquer une surchauffe du téléphone et bloquer les mécanismes automatiques d’arrêt.
Et encore. Ces dernières années, plusieurs cas d’incidents impliquant des Tesla ont été signalés. Nous parlons de batteries différentes, tant par la taille que par la composition. Même dans ce cas, nous observons des caractéristiques similaires. En cas d’incident, les batteries n’ont pas explosé directement mais ont pris feu. L’information intéressante est qu’en moyenne, ces incendies sont beaucoup plus difficiles à éteindre pour les pompiers, qui restent piégés pendant des heures dans les opérations, dissipant des milliers de litres d’eau.
