Intel traverse une période tumultueuse marquée par des échecs significatifs sur le marché des consoles. Malgré des efforts pour remédier à sa situation et concurrencer AMD, l’entreprise n’a pas réussi à décrocher un contrat clé avec Sony pour la PlayStation 6. Reveillons les enjeux et conséquences de ces événements.
La vue d’ensemble : Les activités de fabrication et de processeurs d’Intel ont récemment été confrontées à de fortes difficultés. L’entreprise a tenté de renforcer ses sources de revenus il y a deux ans en mettant fin à la domination quasi totale d’AMD sur le lucratif secteur des consoles de jeux. Au final, Intel a peut-être perdu un contrat valant des dizaines de milliards de dollars.
Des sources anonymes ont révélé qu’Intel avait tenté sans succès il y a deux ans de concevoir et de fabriquer les puces de la PlayStation 6 de Sony. Sans surprise, Sony utilisera pour la troisième fois consécutive un processeur conçu par AMD avec des semi-conducteurs de TSMC.
Selon Reuters, Sony a initialement manifesté son intérêt pour l’utilisation de l’un des nœuds de processus d’Intel pour la PlayStation 6 après l’annonce en 2021 des plans pour une nouvelle usine lancée en février. Intel a donc commencé à négocier avec Sony sur la conception d’une puce de nouvelle génération l’année suivante.

Les réunions entre les PDG, les cadres et les ingénieurs des deux sociétés ont duré des mois, ce qui indique que Sony aurait pu sérieusement envisager la proposition d’Intel. Cependant, les deux parties n’ont pas pu s’entendre sur les marges bénéficiaires pour chaque puce vendue. Au final, AMD, partenaire de longue date de PlayStation et de Xbox, a surenchéri sur Intel et Broadcom.
La rétrocompatibilité était une autre préoccupation majeure. Concevoir les consoles PlayStation 5 et Xbox Series pour prendre en charge les jeux des anciennes PlayStation 4 et Xbox One était relativement simple, car les deux générations utilisaient du hardware AMD x86. Cependant, rendre un processeur Intel rétrocompatible avec les logiciels existants aurait été beaucoup plus coûteux, mais pas impossible.

L’accord aurait pu générer environ 30 milliards de dollars de revenus pour les secteurs du hardware et de la fabrication d’Intel, et l’entreprise aurait certainement pu utiliser ces liquidités supplémentaires compte tenu de ses difficultés actuelles. L’absence du boom de l’intelligence artificielle, la fuite des parts de marché des processeurs pour centres de données et le succès limité dans les fonderies ont sérieusement diminué le cours de l’action d’Intel, menaçant de faire sortir l’entreprise du Dow Jones. Intel a réagi en licenciant des milliers de personnes et envisage de scinder certaines de ses divisions.
Les ventes de consoles peuvent avoir un impact décisif sur les entreprises qui fabriquent les puces pour ces dernières. Le choix de Sony d’utiliser le processeur Jaguar d’AMD pour la PlayStation 4 a peut-être sauvé le fabricant de puces de la faillite. La PS4 s’est finalement vendue à plus de 117 millions d’unités, devenant probablement l’un des produits les plus réussis d’AMD et fournissant une source de revenus inestimable pendant ses jours les plus sombres avant que les processeurs Zen ne lui permettent de retrouver sa compétitivité face à Intel.
