Le secteur de l’énergie aux États-Unis connaît une véritable transformation, portée par une forte dynamique de stockage solaire et par batteries. Les dernières statistiques mettent en lumière les avancées notables réalisées au cours du premier semestre 2024, notamment en matière de nouvelles capacités électriques. Les implications de ces développements sont considérables pour un avenir énergétique durable.
Le stockage solaire et par batteries est en plein essor cette année aux États-Unis. Selon les derniers chiffres de l’Energy Information Administration, ces deux sources ont représenté 80 % de toutes les nouvelles capacités électriques ajoutées au premier semestre 2024.
L’énergie solaire à elle seule a représenté 60 % des 20,2 gigawatts de capacité nouvelle mis en service de janvier à juin. Une grande partie de cette production est due à deux centrales : une installation de plus de 600 mégawatts au Texas et une autre au Nevada. Ces deux États ont également été les premiers à investir dans l’énergie solaire, ce qui n’est pas surprenant compte tenu de leur climat ensoleillé.
Dans le même temps, les installations de batteries ont également connu une forte augmentation, atteignant 4,2 GW, soit plus de 20 % du total des ajouts. La Californie a remporté la palme avec plus d’un tiers des déploiements du pays, mais le Texas, l’Arizona et le Nevada ont également contribué de manière significative. L’énorme installation Gemini de 380 MW au Nevada et le projet solaire et de stockage Eleven Mile de 300 MW en Arizona ont été les plus grands projets de cette catégorie à être mis en service en 2024.

L’éolien a également apporté sa contribution, en ajoutant 2,5 GW de nouvelles turbines. Mais comparé à l’énergie solaire et aux batteries, le développement de l’éolien est pittoresque. Canyon Wind (309 MW) et Goodnight (266 MW) ont été les plus grands projets éoliens à être mis en service cette année, et tous deux sont situés au Texas.
L’énergie nucléaire a également contribué à l’augmentation de la capacité de production, mais seulement dans une moindre mesure. Le réacteur Unit 4 de 1,1 GW de la centrale de Vogtle en Géorgie est entré en service en avril, faisant de Vogtle la plus grande installation nucléaire des États-Unis avec quatre réacteurs au total – le seul site du pays à en exploiter autant sous un même toit.

La deuxième moitié de l’année pourrait faire paraître moins bonne que les six premiers mois, si les projections de l’EIA se confirment. Selon elle, plus de 42,6 GW de nouvelles capacités devraient être ajoutées au cours du deuxième semestre : 25 GW de ce total seront solaires, 10,8 GW de stockage sur batterie et 4,6 GW d’éoliennes.
En termes simples, 96 % de la nouvelle capacité électrique de 2024 devrait être sans émissions cette année, grâce aux apports de l’énergie solaire, éolienne, des batteries et nucléaire. Ces chiffres deviennent d’autant plus importants lorsque l’on prend en compte la Chine. Le pays a déjà atteint l’objectif massif de 1 200 gigawatts d’énergies renouvelables qu’il s’était fixé pour 2030, six ans plus tôt que prévu.
Parallèlement, le retrait des centrales électriques existantes aux États-Unis a ralenti en 2024, avec seulement 5,1 GW mis hors service au premier semestre contre 9,2 GW au cours de la même période en 2023. Sur la capacité retirée, 53 % étaient alimentées au gaz naturel, comme la centrale massive de Mystic (1,4 GW) du Massachusetts, suivie de 41 % par des centrales au charbon, notamment l’unité 1 de Seminole (626 MW) en Floride et l’unité 1 de Homer City (626 MW) en Pennsylvanie.
