Les récentes Olympiades de Paris 2024 ont révélé une fascinante interconnexion entre le monde du sport et la culture pop, témoignant d’une influence grandissante des univers d’anime, de manga et de jeux vidéo. Divers athlètes ont fait des références poignantes à ces univers, enrichissant ainsi l’expérience olympique d’un souffle créatif inattendu.
Tokyo 2020 a été un triomphe d’hommages aux personnages d’anime, de manga et de jeux vidéo. Mais ce n’est pas une exception : les Jeux Olympiques de Paris 2024 se sont également révélés être une occasion intéressante de citer des héros imaginaires issus de la culture pop contemporaine.

Avant que l’Italie ne remonte contre le Japon pour accéder aux demi-finales de volley-ball masculin, le thème “Fly High”, tiré du dessin animé japonais sur le volley Haikyu!!, résonnait dans les haut-parleurs de l’Aréna Paris Sud 1. Ce n’est pas la seule citation geek aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Lors de la soirée d’ouverture des Jeux, il y a eu un moment où un homme cagoulé a commencé à courir entre les toits de la ville, portant la flamme olympique. C’était une claire référence à Assassin’s Creed Unity, chapitre de la célèbre série d’Ubisoft, se déroulant pendant la Révolution Française. Le protagoniste, Arno Victor Dorian, évolue en utilisant les hauteurs, la course et le silence, tout comme le porteur de la flamme champion de parkour lors de la cérémonie d’ouverture parisienne. Un hommage qui a captivé l’attention du public gamer.
Le geek le plus rapide du monde
Noah Lyles de l’équipe d’athlétisme des États-Unis a célébré l’or au 100 mètres masculin avec un Kamehameha, l’onde énergétique de Dragon Ball. Certains utilisateurs se sont demandé s’il s’agissait d’un Hadouken, technique du jeu vidéo de combat Street Fighter, semblable à l’onde énergétique à cause de la position des mains. Mais l’athlète avait déjà utilisé ce mouvement plusieurs fois, clarifiant ainsi son origine. Mais ce n’est pas tout.
Lors des compétitions de qualification, l’athlète américain avait montré la carte Exodia l’Interdit, provenant du jeu de cartes Yu-Gi-Oh!, devenu célèbre grâce à la diffusion de l’anime (arrivé chez nous sur Italia 1 en 2003). En détail, Exodia l’Interdit devient dévastateur une fois tous les morceaux nécessaires réunis pour l’invoquer. Voici ce qu’a déclaré Lyles à NBC : “J’ai sorti Exodia pour les finales des 100 mètres, mais maintenant c’est le moment de construire l’ensemble complet”. Et encore : son profil Instagram est basé sur une série d’illustrations qui le montrent en version cartoon.

NOAH LYLES | La pose après l’or olympique
Le cas de Lorenzo Simonelli : Monkey D. Lollo
Lorenzo Simonelli, médaillé d’or des 110 mètres haies aux Championnats d’Europe d’athlétisme 2024, est peut-être l’italien le plus lié aux animes parmi ceux qui ont atteint les Jeux Olympiques. Lorsqu’il a gagné aux Championnats d’Europe, il portait le chapeau de Luffy de One Piece et a proclamé sa devise : “Je deviendrai le Roi des Pirates”. En demi-finale de ces Jeux Olympiques, il s’est également présenté avec une nouvelle coupe de cheveux inspirée par l’une des transformations de Luffy, le Gear Fifth. Malheureusement, cette fois-ci, cela n’a pas suffi pour atteindre les finales. Toutes ces démonstrations sont de douces preuves de la façon dont la culture pop japonaise (et non), souvent sous-estimée par l’opinion publique occidentale, peut être une source d’inspiration pour les jeunes rêveurs, en plus d’être la preuve de la force du lien entre le sport et l’imaginaire geek.
La culture geek aux Jeux Olympiques de Paris 2024
Parmi les autres athlètes arrivés à Paris 2024 après avoir vu plusieurs animes, il convient de mentionner le volleyeur brésilien Darlan Ferreira Souza, désormais une idole parmi les passionnés. Le mérite revient surtout à une vidéo devenue virale ces derniers jours, où il est immortalisé pendant un match en réalisant un jujutsu, une technique tirée de Naruto, le manga sur les ninjas de Masashi Kishimoto. Une publicité pour un complément alimentaire a même été faite à son sujet.
Ses tatouages à thème n’ont également pas échappé à l’attention. Sur son bras droit, il porte les portraits des visages de Hidan et Kakuzu, un duo de méchants également issus de Naruto, ainsi que la phrase « Nous n’avons pas besoin de souvenirs ». C’est la devise d’une équipe de l’ores cité Haikyu!! : elle rappelle que, même lorsqu’on est au sommet, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers mais qu’il faut relever de nouveaux défis pour gagner toujours davantage. Il est clair que les personnages des animes japonais servent pour Ferreira Souza de support dans les moments les plus durs et significatifs de sa vie d’athlète.

OLYMPIADES GEEK | Les tatouages sur ses bras font référence à Naruto et Haikyu
Aux Jeux Olympiques de Paris 2024, certains athlètes sont aussi devenus les chouchous de la communauté geek. C’est le cas du shooter turc médaillé d’argent Yusuf Dikeç, célébré par les joueurs parce qu’il a concouru les mains dans les poches, sans utiliser d’écouteurs ou de lentilles sophistiquées. En d’autres termes, il a joué sans “améliorations”, tout comme le font les véritables gamers qui ne souhaitent pas céder à un système de pay-to-win pour gagner. Ces jours-ci, Dikeç est en tendance au Japon avec le surnom de “Free User Ojisan », qui dans le jargon Internet désigne un tueur à gages. De nombreux memes le représentent en protagoniste, souvent avec la tireuse sud-coréenne Kim Ye-ji, qualifiée de “la plus cool des Jeux Olympiques de Paris 2024” pour son charisme. Parmi les memes à thème geek les plus diffusés, on trouve celui qui dépeint les deux athlètes prêts à s’affronter dans le style de Les Bizarre Aventures de JoJo, l’iconique manga de Hirohiko Araki.

OLYMPIADES GEEK | Kim Ye-ji et Yusuf Dikeç dans le style des Bizarre Aventures de JoJo
L’influence de Tokyo 2020
Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 ont représenté l’exploit de cette tendance dans le monde olympique. Cela n’étonne guère, puisqu’il s’agit de la terre d’origine d’icônes telles que Pac-Man et Hello Kitty. Un pays qui a su tirer parti de sa culture pop comme signe identitaire pour fasciner le reste du monde. Un exemple : l’ancien premier ministre Shinzo Abe, assassiné en 2022, est apparu à la cérémonie de clôture de Rio 2016 dans le costume de Super Mario, émergeant d’un des classiques tubes verts du jeu vidéo Nintendo. Précédant son entrée spectaculaire, une vidéo représentant les athlètes nippons accompagnés de Doreamon, Capitaine Tsubasa et autres icônes pop du Japon.

OLYMPIADES GEEK | Shinzo Abe dans le costume de Super Mario à la fin des Jeux Olympiques de Rio 2016
Tokyo 2020 a effectivement été un événement riche d’hommages et de références aux animes et aux mangas, même parmi les athlètes italiens. Rappelons Massimo Stano qui, à la victoire de la médaille d’or en marche, a imité la pose quand Luffy, le protagoniste du manga pirate One Piece, active le mode Gear Third. L’équipe de cyclisme, quant à elle, s’est laissée immortaliser en photo comme l’équipe Ginyu de Dragon Ball, œuvre du regretté Akira Toriyama, après avoir remporté l’or. Parmi les membres de l’équipe se trouvait aussi Filippo Ganna, qui aux Jeux Olympiques de Paris 2024 a remporté l’argent lors du contre-la-montre sur route.
En passant à d’autres exemples internationaux, il convient de rappeler l’équipe de gynmastique rythmique de l’Ouzbékistan, qui a performé avec des costumes inspirés de Sailor Moon, la guerrière de la Lune accompagnée par les guerrières Sailors, créée par la mangaka Naoko Takeuchi. Avec le lanceur de poids américain Payton Otterdahl, on revient au navire de One Piece, car il a rendu hommage au manga d’Eiichiro Oda en exécutant la pose « Super » de Franky, avec la phrase du personnage associée, avant d’entrer sur le terrain.
À Tokyo 2020, il n’a pas manqué non plus d’inspirations musicales : la gymnaste mexicaine Alexa Moreno a réalisé sa routine au sol sur la musique de Demon Slayer, un manga populaire dont a été tiré l’anime à succès du même nom, centré sur la chasse aux démons. En somme, Tokyo 2020 a été une succession de tributs pour célébrer des personnages tenaces et combatifs dans leur pays d’origine.

OLYMPIADES GEEK | L’équipe ouzbèke de gymnastique rythmique s’est produite avec les costumes de Sailor Moon
