Le ministère américain de la Justice ouvre une enquête sur NVIDIA suite à des plaintes de concurrents

US Justice Department launches investigation into Nvidia following complaints from rivals

L’année 2018 a marqué un tournant pour NVIDIA, entre succès financiers et controverses entourant son PDG, Jensen Huang. Les récentes affirmations de pratiques anticoncurrentielles viennent ajouter une nouvelle dimension à cette période tumultueuse. Dans ce contexte, l’entreprise fait face à une enquête approfondie qui pourrait redéfinir son avenir sur le marché des processeurs d’intelligence artificielle.

La grande image: L’année 2018 a été mouvementée pour NVIDIA, le géant technologique devenu synonyme de hardware informatique d’intelligence artificielle. Des chiffres d’affaires exceptionnels aux frasques de son PDG Jensen Huang qui ont fait la une des journaux, l’entreprise a été sous les feux des projecteurs pendant des mois. Aujourd’hui, les gros titres se gâtent car NVIDIA a attiré l’attention des régulateurs antitrust américains.

Selon un communiqué du site The Information, le ministère américain de la Justice a lancé une enquête pour déterminer si NVIDIA a eu recours à des tactiques commerciales anticoncurrentielles pour maintenir son emprise sur le marché des processeurs d’intelligence artificielle après des plaintes de concurrents. Les enquêteurs chercheront à savoir si l’entreprise a menacé de couper ou de retarder les commandes des clients achetant des puces d’intelligence artificielle à des concurrents comme AMD, Intel ou des startups plus petites. Si cela s’avère vrai, une telle pression pourrait clairement étouffer la concurrence et restreindre les choix des clients dans le domaine en plein essor de l’intelligence artificielle.

Bien entendu, NVIDIA nie toute malversation. Un porte-parole a déclaré à Reuters que l’entreprise « se bat sur la base de décennies d’investissement et d’innovation, en respectant scrupuleusement toutes les lois » tout en répartissant équitablement les GPU entre tous les clients. NVIDIA a promis de coopérer pleinement avec l’enquête du ministère de la Justice.

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Les régulateurs enquêtent également sur les affirmations selon lesquelles NVIDIA aurait contraint les fournisseurs de cloud à effectuer des achats groupés, par exemple en leur imposant d’acheter du hardware réseau Mellanox en même temps que les puces d’IA A100 ou H100 de NVIDIA.

Le ministère de la Justice aurait contacté les rivaux de NVIDIA, dont AMD, pour obtenir des informations corroborant les plaintes. Tout cet examen minutieux est probablement le résultat de l’action des observateurs progressistes et de la sénatrice Elizabeth Warren qui maintiennent la pression sur le ministère.

Il n’est pas étonnant que les régulateurs surveillent désormais de si près les actions de NVIDIA. Selon certaines estimations, l’entreprise détient une part stupéfiante de 80 % du marché des processeurs d’IA. Elle est même brièvement devenue l’entreprise la plus valorisée au monde, surpassant Apple, en juin dernier. Avec un tel niveau de domination, même des faux pas mineurs pourraient avoir des répercussions importantes sur l’ensemble du secteur.

L’enquête américaine fait suite à une autre enquête antitrust menée par les autorités françaises sur des affirmations similaires. Les régulateurs s’inquiètent également des investissements de NVIDIA dans certaines sociétés de cloud computing d’IA.

Jeudi, Politico a rapporté que l’enquête du ministère de la Justice s’étendait au rachat par NVIDIA de la start-up israélienne Run:ai pour environ 700 millions de dollars. Cette acquisition a fait sourciller, étant donné que la technologie de Run:ai pour optimiser l’infrastructure de l’IA pourrait encore renforcer les capacités de NVIDIA.