Remise en contexte: Les logiciels libres et open source sont souvent présentés comme une alternative économique aux logiciels propriétaires ou commerciaux. Bien que l’adoption généralisée des logiciels libres et open source ne soit pas encore effective, certains pays européens tentent d’accélérer le processus en imposant de nouvelles exigences légales.
La Suisse a commencé à exiger de toutes ses organisations publiques qu’elles utilisent des logiciels libres. La nouvelle mesure, connue sous le nom d’EMBAG ou loi fédérale sur l’utilisation de moyens électroniques pour l’exécution de tâches gouvernementales, a été approuvée en 2023 après des années de débats. Comme le souligne ZDNet, l’EMBAG oblige désormais le secteur public suisse à adopter une approche « argent public, code public » avec des exigences spécifiques en matière de fourniture et de partage de logiciels.
La nouvelle loi vise à promouvoir une transformation numérique à grande échelle au sein de l’administration fédérale suisse dans le domaine de la cyberadministration. L’un des domaines clés de la loi est la création d’organisations communes entre la Confédération et les cantons, qui sont les États membres de la Confédération suisse.
Un autre point essentiel est l’utilisation de logiciels open source, qui s’étend aux projets de code développés en interne par les organismes fédéraux suisses. Si les droits de tiers ou les problèmes de sécurité ne sont pas en cause, les organismes étatiques sont tenus de partager le code source de leurs applications afin de promouvoir la réutilisation libre au sein de la communauté FOSS.

La nouvelle loi exige également que les données non personnelles et non sensibles soient publiées sous forme de données gouvernementales ouvertes, afin d’être consultées et réutilisées librement. Cette approche « ouverte par défaut » a été fortement encouragée par l’Union européenne ces dernières années, bien que la Suisse refuse toujours d’adhérer à l’UE malgré son appartenance au marché unique européen et à l’espace Schengen.
La loi EMBAG représente l’aboutissement d’un long effort des autorités suisses pour promouvoir les logiciels libres et open source. En 2011, le Tribunal fédéral suisse a publié sa demande de création d’un projet open source (OpenJustitia), et les entreprises développant des solutions propriétaires pour le système juridique ont tenté de lutter contre cette approche « ouverte » pendant une décennie.
La proposition EMBAG étant désormais inscrite dans le cadre juridique du pays, la Suisse peut se targuer d’avoir adopté avec audace les logiciels libres au sein de son gouvernement. D’autres pays européens tentent également d’abandonner les logiciels propriétaires et de passer entièrement aux produits libres, même si leurs taux de réussite sont variables. Par exemple, le Land allemand du Schleswig-Holstein a récemment décidé de faire passer ses 30 000 employés aux systèmes d’exploitation Linux et à la suite de productivité LibreOffice.
