TikTok révèle son "kill switch" en offre au gouvernement américain d’éviter l’interdiction

TikTok reveals kill switch offer to the US government to avoid ban

En un mot: TikTok a révélé avoir proposé au gouvernement américain un « kill switch » en 2022 pour répondre aux préoccupations concernant la protection des données et la sécurité nationale. L’application appartenant à ByteDance a fait cette offre dans le cadre de ses efforts visant à empêcher une interdiction aux États-Unis.

Selon TikTok, le « kill switch » proposé aurait donné au gouvernement américain le pouvoir de fermer la plateforme à sa seule discrétion si certaines règles n’étaient pas respectées. Ces règles ont été décrites dans un projet « d’accord de sécurité nationale » que TikTok a présenté au gouvernement en août 2022. L’accord comprenait également des dispositions telles que le financement adéquat des unités de protection des données et la garantie que ByteDance n’ait pas accès aux données des utilisateurs américains.

Cependant, TikTok affirme que malgré ses efforts pour répondre aux préoccupations du gouvernement, les responsables américains ont mis fin à toute négociation de fond après que la proposition a été faite. Dans une lettre adressée au ministère de la Justice, l’avocat de TikTok affirme que le gouvernement a ignoré les demandes de réunions supplémentaires et n’a pas répondu à une invitation à inspecter le centre de transparence dédié de l’entreprise dans le Maryland.

Cette divulgation intervient alors que TikTok et ByteDance entament leur bataille juridique contre une législation qui forcerait la vente des actifs américains de l’application ou ferait face à une interdiction à l’échelle nationale. Les entreprises affirment que la loi constitue une rupture significative avec la tradition américaine de promotion d’un Internet ouvert et crée un dangereux précédent en ciblant une plate-forme spécifique.

TikTok risque une interdiction aux Etats Unis si ByteDance ne parvient

La bataille juridique sur l’avenir de TikTok aux États-Unis va s’intensifier dans les mois à venir. La Cour d’appel des États-Unis pour le district de Columbia tiendra en septembre des plaidoiries sur les poursuites intentées par les utilisateurs de TikTok, ByteDance et TikTok. La législation, signée par le président Joe Biden en avril, donne à ByteDance jusqu’en janvier 2025 pour céder les actifs américains de TikTok sous peine d’interdiction.

Malgré les difficultés croissantes, ByteDance continue d’expérimenter dans l’espace des médias sociaux. La société teste actuellement une nouvelle application appelée Whee, qui offre une expérience de partage de photos privée similaire à Instagram – bien qu’elle ne soit actuellement pas disponible aux États-Unis.

Les inquiétudes concernant TikTok proviennent de la crainte que l’application puisse partager les données appartenant à ses 170 millions d’utilisateurs américains avec le gouvernement chinois. TikTok a toujours nié ces affirmations, affirmant que les données américaines ne quittent pas le pays et sont supervisées par la société américaine Oracle dans le cadre d’un accord appelé Project Texas.

Pire encore, la question est également entrée dans le paysage politique européen. Le mois dernier, le président de la Commission européenne n’a pas exclu la possibilité d’une interdiction similaire de TikTok en Europe, invoquant les risques de sécurité posés par l’application.

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