En entrant dans les détails, ces téléphones n’étaient en réalité que des modèles de Xiaomi qui avaient été rebaptisés. Ils arboraient un nouveau logo et bénéficiaient d’une couche de marketing patriotique qui visait directement BQ, le grand fabricant national de l’époque.
En peu de temps, cette affaire est devenue l’un des plus grands fiascos technologiques du pays. Aujourd’hui, avec les nuances qui s’imposent, l’histoire semble se répéter de l’autre côté de l’Atlantique.
Le Trump Mobile T1 n’est pas si américain
Donald Trump possède désormais son smartphone. Il se nomme Trump Mobile T1, il met en avant des valeurs « américaines » et une prétendue production nationale. Pourtant, après l’avoir démonté, la conclusion est bien moins glorieuse : il s’agit essentiellement d’un HTC U24 Pro déguisé.
Sur le papier, il s’agit d’un téléphone avec 12 Go de mémoire vive, 512 Go de stockage et un prix relativement compétitif pour ces caractéristiques. Mais le problème réside dans sa commercialisation, et non dans ce qu’il est.
L’analyse interne du dispositif, que iFixIt a réalisée, révèle qu’il partage quasiment toute son architecture avec le modèle de HTC. Qui plus est, ce n’est même pas un modèle récent, mais un appareil lancé en 2024. Même châssis, même carte mère, même disposition des composants, même processeur Qualcomm Snapdragon 7 Gen 3 et même écran AMOLED avec une matrice PenTile fabriquée sous brevet de Samsung.

Les différences sont minimes et, pour la plupart, purement esthétiques. Cela ressemble à une édition spéciale, très patriotique, de ce téléphone.
Pour bien comprendre, les seuls changements que iFixIt a trouvés concernent la position du flash qui est légèrement modifiée, l’arrière qui a un autre design et la finition dorée qui cherche à donner cet air de produit exclusif qui correspond à la marque Trump.
Mais au-delà de cela, c’est exactement la même manœuvre que celle observée avec Zetta : prendre un téléphone existant, lui changer l’habit et le vendre comme une nouveauté.
Le plus singulier est que ce Trump Mobile T1, très médiatisé, a construit une grande part de sa réputation autour d’une fabrication américaine. Il est vrai que certains composants pourraient être assemblés en Floride. Cependant, la réalité montre que la majorité du matériel pointe directement vers la Chine. Tout indique même que la production continue de dépendre de chaînes déjà existantes dans le Guangdong, le grand épicentre mondial de la fabrication mobile.
Il n’y a rien de mal en soi. C’est une pratique que de nombreux fabricants adoptent. Le problème surgit quand le marketing tente de le vendre comme un développement entièrement original ou comme un symbole industriel national.
C’est pourquoi l’affaire du Trump Mobile rappelle tant ce qui s’est passé en France avec Zetta. Dans les deux cas, le produit existe grâce à un fabricant extérieur et il est maquillé pour construire une histoire commerciale bien plus séduisante. En France, c’était la « marque d’Estrémadure qui défiait Apple ». Aux États-Unis, c’est le « téléphone patriotique » de Trump.