Un attaquant distant sans authentification exploite une vulnérabilité critique sur certaines configurations du serveur de transfert de courriels open-source Exim. Cette faille provoque l’exécution de code arbitraire.
Les chercheurs désignent cette faille sous le nom de CVE-2026-45185. Elle touche les versions d’Exim antérieures à la 4.99.3 qui recourent à la bibliothèque GnuTLS par défaut pour les communications sécurisées. Le problème provient d’une erreur de type user-after-free (UAF) qui se déclenche au moment de l’arrêt du TLS, lors du traitement du trafic SMTP par paquets BDAT.
Exim libère un tampon de transfert TLS, mais il persiste à employer des références de rappel obsolètes. Celles-ci écrivent des données dans la zone mémoire libérée. Résultat : un attaquant déclenche une exécution de code à distance sans authentification (RCE).
Exim sert de serveur de transfert de courriels (MTA) sur les serveurs Linux et Unix. Il route les messages entrants et sortants. De nombreux environnements l’emploient : hébergements partagés, systèmes de messagerie d’entreprise, distributions basées sur Debian et Ubuntu où il constitue le serveur de messagerie par défaut.
Federico Kirschbaum, chercheur chez XBOW, a détecté et signalé la CVE-2026-45185. Elle concerne les versions 4.97 à 4.99.2 compilées avec GnuTLS, sur des builds qui annoncent STARTTLS et CHUNKING. Les compilations basées sur OpenSSL échappent à cette faille.
Les assaillants qui exploitent cette vulnérabilité lancent des commandes sur le serveur. Ils accèdent aux données et courriels d’Exim. Selon les permissions et la configuration du serveur, ils progressent plus loin dans l’environnement.
XBOW a signalé la faille aux responsables d’Exim le 1er mai. Ceux-ci ont accusé réception le 5 mai. Les distributions Linux impactées ont reçu l’alerte trois jours plus tard.
La version 4.99.3 d’Exim corrige la CVE-2026-45185.
Construction d’exploit assistée par intelligence artificielle
XBOW décrit une compétition de sept jours pour élaborer un proof-of-concept (PoC) d’exploitation. D’un côté, le système de développement autonome piloté par IA, XBOW Native. De l’autre, un chercheur humain secondé par un grand modèle de langage (LLM).
XBOW Native génère un exploit fonctionnel sur un serveur Exim simplifié. Ce dernier ignore la randomisation de l’espace d’adressage (ASLR) et emploie un binaire non-PIE (Position Independent Executables).
À la seconde tentative, le LLM réussit un exploit sur une machine avec ASLR, mais toujours un binaire non-PIE.
Les chercheurs de XBOW précisent que XBOW Native cible l’allocateur propre à Exim, au lieu d’attaquer l’allocateur glibc avec des méthodes standards.
Le chercheur humain l’emporte dans cette course, grâce à l’assistance du LLM pour assembler des fichiers et tester des voies d’exploitation.
Le chercheur salue la rapidité du LLM, mais il insiste sur la nécessité de contrôler l’environnement de travail. Il déclare : « Franchement, les LLM seuls ne rédigent pas encore d’exploits contre des logiciels réels. Ils résolvent des défis CTF, mais ils n’atteignent pas les cibles de production. »
Le chercheur reconnaît néanmoins le rôle essentiel des outils IA. Ils aident les humains à décrypter un code inconnu et à explorer les zones suspectes plus vite.
Les utilisateurs de distributions Linux basées sur Ubuntu et Debian mettent à jour Exim vers la version 4.99.3 via leurs gestionnaires de paquets.
