La « comète de Néandertal » s’approche de la Terre : quand la voir dans le ciel (même à l’œil nu)

La "comète De Néandertal" S'approche De La Terre : Quand

La comète C/2022 E3 (ZTF), rebaptisée « des Néandertaliens » parce qu’elle n’a pas été vue depuis plus de 50 000 ans, deviendra (très probablement) visible à l’œil nu dans les prochains jours. Voici tout ce que vous devez savoir pour ne pas manquer le spectacle.

La comète NEOWISE dans le ciel du soir.  Crédit : Pixabay

La comète NEOWISE dans le ciel du soir. Crédit : Pixabay

La nouvelle année a commencé par un événement astronomique exceptionnel, la visite d’une comète qui n’était pas passée par la Terre depuis plus de 50 000 ans, selon les calculs des experts. Cela indique que son dernier transit a également été admiré par leHomo neandertalensis, notre ancêtre « cousin » qui s’est éteint il y a environ 40 000 ans (mais dont nous avons encore plusieurs gènes aujourd’hui). C’est précisément pour cette raison que l’objet céleste, dont le nom officiel est C/2022 E3 (ZTF), a été surnommé la « comète de Néandertal ». Le détail le plus intrigant de cette visite réside dans le fait que la « boule de glace » se rapproche de notre planète et l’on pense – avec une bonne probabilité – qu’elle pourrait devenir visible à l’œil nu entre la seconde quinzaine de janvier et début février. . Mais certaines conditions seront tout de même nécessaires pour l’admirer.

Comme l’explique un guide d’observation rédigé par l’astrophysicien Gianluca Masi, « sauf caprice de dernière minute, la comète C/2022 E2 ZTF devrait bientôt être marginalement visible sans instruments ». En effet, s’il devenait vraiment visible à l’œil nu, l’objet céleste n’offrirait pas un exploit comme celui de la merveilleuse comète C/2020 F3 (NEOWISE), qui a embelli le ciel de France à l’été 2020. En effet, elle dépassera légèrement la limite de perception de l’œil humain, avec une magnitude (luminosité estimée) de seulement 5, plus ou moins comme la galaxie d’Andromède à l’œil nu, comme l’explique le Dr Masi. Pour observer la comète de Néandertal à l’œil nu, il faudra donc un ciel clair, étoilé et très sombre, c’est-à-dire essentiellement exempt de pollution lumineuse. Malheureusement, même la présence encombrante de la Lune réduira les fenêtres d’observation les meilleurs jours, mais avec un peu d’effort, nous devrions tous pouvoir admirer le fascinant voyageur de l’espace venu de loin. Avec de petites jumelles, un télescope et un appareil photo à objectif dédié, le résultat sera toujours garanti. Mais quel sera le meilleur moment pour observer la comète ?

La carte de la position de la comète dans le ciel entre janvier et février.  Crédit : Gianluca Masi / Projet de télescope virtuel

La carte de la position de la comète dans le ciel entre janvier et février. Crédit : Gianluca Masi / Projet de télescope virtuel

Le 12 janvier 2023, l’objet céleste atteindra la distance minimale du Soleil (périhélie), un événement qui augmentera considérablement sa luminosité et – probablement – aussi la taille de ses deux longues queues de gaz et de poussière, alimentées précisément par le fusion des couches superficielles de la comète (due à l’augmentation de la température). Le 1er février, cependant, il sera au périgée, la distance minimale de la Terre, égale à un peu moins de 43 millions de kilomètres. La visibilité maximale à l’œil nu, si elle devenait apparente, devrait être atteinte entre fin janvier et début février. Comme l’explique le Dr Masi, directeur scientifique du projet de télescope virtuel et conservateur du planétarium de Nice, à partir de la mi-janvier, la comète deviendra circumpolaire, ce qui indique que « nous la verrons toute la nuit, sans jamais se coucher ». C’est exactement ce qui se passe avec les stars de la Grande Ourse ; En fait, Masi souligne qu’il s’agit « d’étoiles assez proches dans le ciel de l’étoile polaire » et donc « qu’elles restent toujours au-dessus de notre horizon ».

En résumé, à la lumière de ces prémisses, le Dr Masi explique que la comète « devrait devenir faiblement visible à l’œil nu depuis des endroits sombres entre fin janvier et début février », et « elle sera certainement à portée de petits instruments (même des jumelles modestes) et à cette période on peut la voir toute la nuit, bien placée dans le ciel pour de France, même avec des fenêtres horaires idéales ». La perturbation de la Lune, malheureusement, se fera sentir dans les semaines à venir L’astrophysicien explique qu’entre le 15 et le 25 janvier les meilleures conditions d’observabilité seront en seconde partie de nuit, puisque le soir la comète sera encore trop basse sur l’horizon (à moins d’avoir un ciel totalement exempt de particules artificielles et naturelles d’obstacles et sans pollution lumineuse sera problématique.) Même fin janvier et début février il sera toujours préférable de privilégier la seconde partie de nuit, car tout en améliorant l’observabilité du soir il y aura Lune à embêter avec sa lumière. L’observabilité du soir s’améliorera après la Pleine Lune du 7 février, avec le satellite de la Terre « déplacé » en seconde partie de nuit ; à ce moment-là, cependant, la comète ne sera plus à sa pleine luminosité, mais restera parfaitement agréable même avec de petits instruments. Jusqu’à ce qu’il s’éloigne tellement qu’il est invisible.

Le Projet de Télescope Virtuel diffusera deux flux en direct pour observer le passage de la comète de Néandertal : le 13 janvier et le 2 février, respectivement proches de l’approche la plus proche du Soleil et de la Terre. L’espoir est que le temps sera également clément et ne perturbera pas l’impressionnant spectacle astronomique.